![]() Référence Brigitte Aufort En 1980, l’UNESCO évaluait à 400 millions le nombre total d’exemplaires vendus par la reine du crime. On avoisine aujourd’hui les 2 milliards pour l’auteur le plus traduit au monde après Lénine et le plus vendu après la Bible et Shakespeare ! On peut donc penser qu’il reste des choses à dire, même si certains considèrent Agatha Christie comme l’étendard d’un genre périmé ou comme un simple souvenir d’enfance.Voici donc en un seul volume une description des différentes étapes de sa vie et de son œuvre : d’une lady à la vie à peine perturbée par la Grande guerre qui écrit son premier roman policier à la suite d’un pari fait avec sa sœur à la femme d’archéologue qui nourrit son imagination par les voyages, en passant par la mystérieuse disparition du 3 décembre 1926. Un total de 66 romans policiers, 150 nouvelles, 6 romans publiés sous pseudo, 18 pièces de théâtre, des contes pour enfants, de la poésie et deux ouvrages autobiographiques : une œuvre décryptée, du petit monde de la société bon ton au huis clos, de ces morts que personne n’aimait jamais, de ces assassins ordinaires et de ces détectives hors paire. Des affres de la création à l’art des intrigues, des trouvailles de l’auteur à ses héritages en filigrane. Des ses relations houleuses avec les médias à la rançon du succès. Sans omettre une bibliographie commentée, une bibliographie critique, les adaptations et une chronologie. Une mine d’info remises en ordre et parfaitement synthétisées. >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Dominique Kalifa Un essai dense et super documenté sur l’obsession du XIXe siècle pour la question du crime. Un siècle ponctué par un nombre inégalé d’"affaires" et jalonné de nombreuses figures de l’ombre comme Lacenaire, Casque d’or, Jules Bonnot ou Henriette Caillaux dont les "exploits" alimenteront la prolixe littérature de "causes célèbres" et les faits divers romancés.Un siècle qui a inventé la police judiciaire, la statistique criminelle, la médecine du crime, la littérature du crime et le reportage du crime, modifiant les procédures et multipliant les représentations qu’engendre la transgression criminelle. Dominique Kalifa éclaire ici les figures du crime, explore les lieux du crime, évoque les mémoires de policiers, plonge au cœur de la culture populaire entre faits divers, romans criminels et scènes de prison et évoque un débat qui ne date apparemment par d’hier sur la délinquance et l’insécurité. Un déjà classique de la littérature criminelle. >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Eddie Muller "Bienvenue dans la ville tentaculaire du film noir". Une ville (à la fois Hollywood, New York, Chicago, San Francisco …) ici reconstituée pierre par pierre, rue par rue. Le but avoué d’Eddie Muller (autorité en la matière !) : "ressusciter ces films pour une autre génération et leur restituer l’intensité qu’ils avaient lorsque mes parents ou moi les avons vus pour la première fois". Un recensement dont l’enthousiasme communicatif, le sens du détail et l’érudition fait éclater les cadres traditionnels de ce genre d’étude. Une plongée dans un univers alternatif, miroir distordant braqué sur le noyau sombre et corrompu de la société. Un monde où les hommes sont durs, les costumes amples, les chapeaux mous, les femmes fatales et les dialogues "à s’arracher les ongles". Portrait en creux d’une époque, image aux contours dessinés par une filmographie impressionnante, rehaussée par une iconographie riche et soignée (jusqu’à la galerie d’affiches) : les films grands ou petits, les réalisateurs même oubliés, les figures et les acteurs, les grands thèmes … Une somme préfacée par François Guérif (qui lui aussi sait de quoi il parle !). Bref, la sortie de Dark City, c’est noël en avril pour tous les amateurs du genre !Alors "restez calmes, agissez avec naturel ... Dark City s’est construite sur le hasard, le destin, l’arnaque et les dernières chances. Tout peut arriver. Et tout va arriver". >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Jo Hammett Quarante après la mort de Dashiell Hammett, Jo Hammett trie la
correspondance de ce père avec lequel elle n’a jamais vécu, commence à
écrire ses souvenirs d’abord épars, puis au fil du temps ce récit, cet
album de famille. "Ce n’est pas une
biographie. Juste ce que le titre laisse entendre - ce dont je me
souviens - des impressions pas toujours exactes, sinon imprécises,
subjectives, et peut-être interprétées de travers. Ce n’est pas la
vérité. Mais c’est aussi proche de ma vérité que possible" .
Aussi pour contrer la mainmise de Lilian Hellman, maîtresse et
exécutrice testamentaire (aujourd'hui disparue) de l'écrivain, ce
portrait intime d’un père par sa fille : le cimetière de St Mary’s
Country rempli de Hammett, la famille, les racines, sa sœur, sa mère
aussi, les années Pinkerton, la première guerre mondiale, l’armée (de
nouveau en 1942), la maladie qui l’avait convaincu qu’il était inutile
de prendre soin de soi, la démobilisation, l’écriture, le succès (dès Moisson rouge, le livre préféré de Jo pour "sa langue, sa superbe collection de voyous entêtés et surtout son incroyable énergie"), le Continental Op
(le plus populaire des détectives des années 20), Sam Spade, les excès
de ce joueur invétéré, alcoolique à la santé déplorable drôle et
distingué qui admire le culot et la déraison. Hammett, lecteur
insatiable, autodidacte qui poursuit la tâche d’écrire des romans
policiers comme jamais personne n’en avait écrit avant lui, des
histoires âpres aussi "réelles qu’une pièce de 10 cents",
nourries de son expérience de détective. Et bien sûr les engagements
d’un marxiste de cœur, la lutte pour les droits civiques, le
maccarthisme, les procès, la prison, la légende du couple
Hammett-Hellman … Les photographies (nombreuses) comme élément
essentiel du souvenir, les lettres, coupures de journaux, télégrammes,
autant de documents rares ou inédits … L’album d’un vie, riche, les
souvenirs d’un homme secret difficile à cerner aujourd’hui réédité en
Rivages poche.
>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() John Dos Passos Difficile Amérique des années 20. Inflation, pénible reconversion de
l’économie de guerre, montée du syndicalisme, grèves, affrontements,
attentats anarchistes, répression … L'opinion publique craint les
progrès du bolchevisme en Europe, le terrorisme de gauche et se méfie
des immigrés récents qui parlent à peine l'anglais. Elle amalgame les
grévistes, les étrangers et "les Rouges". L’atmosphère est à la rancœur
et la suspicion, la crainte d’attaques criminelles et de révolution
sociale. C’est l’Amercia first, la chasse à l’ennemi intérieur, aux idées Unamerican.
L’anarchisme est plus que jamais "la bête noire des instituteurs, des
policiers, des vieilles filles et des maires de province". C’est dans
ce contexte tendu que, le 5 mai 1920, sont arrêtés Nicola Sacco et
Bartolomeo Vanzetti, deux militants anarchistes italo-américain,
accusés du braquage meurtrier de South Braintree. Les gros titres
explosent et les haines refoulées trouvent en ces deux "métèques" un
exutoire de choix. L’Amérique entame une odyssée judiciaire révélant
"l’hypocrisie de la démocratie et le principe très relatif de l’égalité
devant la loi" et se prépare un scandale comparable à l’affaire
Dreyfus. Malgré la mobilisation, Sacco et Vanzetti sont condamnés et
meurent sur la chaise électrique dans la nuit du 23 août 1927, après
sept ans d’une procédure judiciaire peu équitable. Sacco et Vanzetti
incarnation de cette Amérique oubliée par la prospérité, de ces
populations durement réprimées par "une nation qui voulait reconstruire
son identité par un consensus imposé" deviennent alors les symboles de
l’injustice et de l’oppression, les figures emblématiques de la
contestation du système américain, martyres, héros de la classe
ouvrière. "Nos paroles, nos vies, nos
souffrances ne sont rien. Mais qu’on nous prenne nos vies, vies d’un
bon cordonnier et d’un pauvre vendeur de poisson, c’est cela qui est
tout ! Ce dernier moment est le nôtre. Cette agonie est notre triomphe."
Dos Passos (comme Anatole France, Thomas Mann ou H.G. Wells) suit
l’affaire, manifeste, se plonge en observateur engagé dans les 3900
pages de transcription du procès et écrit Devant la chaise électrique parce que "Tout
le monde doit travailler, quoi qu’il arrive, à ce que les faits de
cette affaire soient connus, pour que personne ne puisse plaider
l’ignorance, pour que, si ces hommes sont tués, tout le monde, dans cet
État, dans tout le pays, soit coupable. Pour que personne ne puisse
dire : "J’aurais voulu protester, mais je ne savais pas ce qui se
passait." Initialement publié en 1927 par le comité de défense de Sacco et Vanzetti Devant la chaise électrique,
un document rare entre textes, extraits de dépositions, de témoignages,
de discours, d’articles de journaux ou de plaidoiries, traduit et
publié pour la première fois en français.
>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Claude Mesplède Le très ambitieux (et très attendu) Dictionnaire des littératures policières de Claude Mesplède est enfin à paru. C'est deux tomes de plus de 1800 pages qui rassemblent toutes les formes du roman policier: le roman noir bien sûr, mais aussi le roman d'espionnage, les précurseurs de Dumas à Ponson du Terrail en passant par Féval ou Eugène Sue...Et ce dans tous les pays. Une somme considérable d'infos. Une mine. Un incontournable! Dictionnaire des littératures policières Volume 2 >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Stéfanie Delestré Hagar Desanti D’artagnan, Big Brother, James Bond, Fifi Brindacier, Nestor Burma,
Robinson Crusoë, Cyrano de Bergerac, Dracula, Fantômas, Frankenstein,
Sherlock Holmes, Lolita, Milady, Bob Morane, Mowgly, Peter Pan, le
Petit Prince, Quasimodo, Robin des bois, Spartacus, Tarzan, Zazie, Zoro
…Plus d’une centaines de personnages populaires de la littérature évoqués par autant d’auteurs contemporains, de Cosette par Amélie Nothomb à Lady Chatterley par Catherine Millet en passant par Robin des Bois par Paco Ignacio Taïbo II, Vautrin par Jean Vautrin, Cyrano de Bergerac par Caryl Férey, Peter Pan par Chloé Delaume, Rouletabille par Philippe Huet … la rencontre riche et souvent détonante d’un auteur et d’un personnage (qu’il a choisi), faisant revivre d’immortels plaisirs de lecture et d’impérissables souvenirs d’enfance. Dictionnaire unique, définitivement amoureux, véritable ode à la littérature, mine d’info (de la genèse à la postérité de chaque appelé) enrichie d’articles thématiques (Aventuriers, Bagnards, Criminels, Espions, Femmes fatales, Monstres, Policiers …), somme immense de trois années du travail acharné de Stéfanie Delestré et Hagar Desanti. Une publication qui fera date, assurément (et je dis pas ça parce que j’y ai modestement mis mon grain de sel et que j’en suis extrêmement fière !) >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Eric Yung Le cambriolage ne saurait se réduire à une simple histoire d'appât du gain. C'est aussi une
prouesse technique qui peut même sélever au rang d'acte artistique.Qu'on se le dise le "casse" n'est pas un vol ordinaire et nombre d'écrivains ne s'y sont pas trompés !
Et l'auteur de cet ouvrage d'acquiescer (plutôt deux fois qu'une) en réunissant ici des textes littéraires, des faits divers, des curiosités, des personnages de fiction (Arsène Lupin ou Thomas Crown) et des histoires de vrais cambriolages (le vol de la Joconde ou le gang de Nice) ainsi que de nombreuses illustrations.
Haute-voltige et subversion, tout y est. Un régal !
>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Maxime Lachaud Oui, Harry Crews est un auteur à part. Définitivement ! Et ce n’est pas
cet ouvrage de Maxime Lachaud, version remaniée de sa thèse de doctorat
qui dira le contraire. Le confirmant même largement par l’exploration
du passé d’Harry Crews et de ses racines, le décryptage minutieux de
son style, de son univers romanesque et de ses influences : une enfance
pauvre et difficile en ces temps de Grande Dépression (la mort du père,
les coups du beau-père alcoolique, la maladie, le déracinement) puis
les Marines pour voir le monde et les bibliothèques, la prison, les
divorces, les petits boulots, la mort d’un fils mais l’écriture malgré
tout, toujours. Les racines dénouées d’une vie marquée façonnant
l’homme et son œuvre, forgeant un rapport unique au monde, de la
violence à la beauté, l’écrivain érigeant un royaume des ploucs
magnifiques, des freaks, des rednecks ces blancs "brutaux,
illuminés, alcooliques, primitifs, criminels, pervers, estropiés,
sales, affreux, illettrés", domaine du pire de l’Amérique. Un monde où
la normalité est un non-sens, où les corps et les chairs sont fendus,
abîmés, taillés, ouverts condamnant les êtres à des luttes perdues
d’avance, avec un sens gothique de l’abjection, un sens inné du
désordre. Bref, Harry Crews. Un maître du grotesque
est un ouvrage complet (le premier en français) sur "un des joyaux les
plus sous-estimés de la littérature contemporaine" qui procure un réel
plaisir de lecture et permet de mesurer toute l’urgence qu’il a à
(re)lire Harry Crews et ses semblables.>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Dominique Kalifa L’agence de renseignements, selon Paul Féval en 1865, "est de soi une chose romanesque qui chatouille l’imagination au même titre que l’art de tirer les cartes ou le somnambulisme". De la chair à feuilleton. Un métier très vite frappé d’indignité, entre secrets et scandales, soufre et chantages. Le (très brillant) travail de l’historien sera donc avant tout une exploration minutieuse des traces de ce métier aux acteurs discrets, aux témoignages parfois sujets à caution, aux archives parcellaires, dispersées et bien enfouies, pour pouvoir établir une typologie aussi complète et factuelle que possible. Des premières empreintes à la création du Bureau des renseignements universels de Vidocq (le "patron" ) en 1832, aux détectives quasi hard-boiled en passant par les agents de recherches, l’autopsie d’un métier de sa naissance en France à son déclin. De l’histoire de ces professions, de leur représentation, de la société française dans sa relation à l’Etat et au contrôle social. Grandes affaires, petits crimes, faits-divers, fin limiers, enquêteurs obscurs, grandes figures, petits et grands moments … Une enquête (forcément !) qui va faire date ! >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Dashiell Hammett "J’invoque mes droits garantis par le
Cinquième amendement de la Constitution américaine et je refuse de
répondre car la réponse peut me porter préjudice" répète
inlassablement Hammett devant ses juges. Presque l’unique réponse qu’il
accorde aux membres de la Commission sur les activités anti-américaines
qui l’ont convoqué ce 9 juillet 1951 l’accusant d’être l’un des
administrateurs du fonds de cautionnement du Congrès des droits
civiques de New York. En pleine "chasse aux sorcières", son
inébranlable mutisme qui lui coûtera six mois de prison pour outrage à
magistrat. Il est de nouveau convoqué le 24 mars 1953 pour une audience
à huis clos (dont le texte rendu public qu’en janvier 2003 est inédit à
ce jour) et deux jours plus tard pour un nouveau procès public portant
sur la part présumée de propagande communiste dans ses ouvrages. "Vous savez, on ne peut rien écrire sans prendre position d’une manière ou d’une autre par rapport aux problèmes de la société", seulement. Et puis "J’invoque
mes droits garantis par le Cinquième amendement de la Constitution
américaine et je refuse de répondre car la réponse peut me porter
préjudice", encore et encore. McCarthy, Cohn et les autres insistent, Hammett ne plie pas. Il continue de se taire. Interrogatoires est un petit livre regroupant les minutes des trois procès subit par l’écrivain, traduit et présenté par Nathalie Beunat. Trois textes édifiants, rythmés par le refus scandé de l’auteur qui ne livre rien, révélant en creux les méthodes inquisitoriales de la commission qui finit pas faire seule les questions réponses: "Bon, vous nous avez déclaré que vous ne diriez pas si vous êtes actuellement membre du parti communiste, car si vous nous répondiez, la réponse pourrait vous porter préjudice. Une telle déclaration est logiquement interprétée par cette commission et par le pays dan son ensemble comme signifiant que vous êtes membre de ce parti, car si vous n’en étiez pas membre vous diriez simplement "non" et cela ne serait pas utilisé contre vous. Voyez-vous, la seule raison qui vous donne le droit de refuser de répondre est que vous sentez qu’une réponse sincère vous porterait préjudice. Une réponse indiquant que vous n’êtes pas communiste, si vous n’êtes pas communiste, ne pourrait vous porter préjudice. Par conséquent, je présume que vous en savez beaucoup sur le mouvement communiste". Heureusement les durs-à-cuire font aussi de la résistance passive ! >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Jean-Patrick Manchette Le journal, une vie en en 5000 pages, tableau d’une époque, ébauche
d’une œuvre en 20 cahiers que Manchette noircira strictement pendant trente
ans. Voici édités les quatre premiers cahiers, témoins du moment où Manchette
décide de vivre de sa plume enchaînant articles, scénarios, collaboration et
projets romanesques personnels. Il travaille avec Soulat à la Série Noire
, trime
pour la télé, enchaîne les traductions, écrit, se repose de temps en temps, a
des insomnies, lit énormément (de Elle à l’Internationale situationniste), s’abonne
au Chasseur français, regarde beaucoup de film parfois agréables et mous,
mouvementés, désinvoltes, parfaits ou nuls, se marie, change de moquette,
achète une 4L, boit, fume trop, ressasse ses problèmes financiers, s’inquiète,
se révolte, s’indigne, constate de bordel social de 68, réfléchit, dissèque,
analyse, critique, chronique et révolutionne le polar français. Au final une
incroyable somme de notes de lecture, chroniques de film, coupures de journaux,
formant de véritables annales du quotidien d’un auteur comportementaliste et de
son temps. Tout y est, le grandiose et le minuscule, l’anecdotique et l’universel,
l’auteur, son style, ses thèmes, l'ébauche de son œuvre.>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Eddie Muller Les affiches de l'âge d'or du film policierEddie Muller conte ici l'histoire de l'affiche de film noir sous ses multiples aspects, à Hollywood et dans le monde entier. Il évoque (avec brio) l'âge d'or des studios, décripte les éléments iconographiques et thématiques des affiches, ressuscite les scénaristes obscures ou fameux à travers 338 illustrations en couleurs. Une mine d'infos et d'anecdotes, une collection de femmes fatales, d'armes létales et de héros inoxydables. Autant d'éléments (croustillants) qui font de cet ouvrage un incontournable (haut en couleurs!) à posséder absolument ! >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Benoît Tadié A l’origine, les prédations universelles : guerres des gangs, meurtres, hold-up, kidnapping, lynchages, escroqueries, chantages, rackets, adultères ou viols … et leur histoire : le roman policier. Mais cet ouvrage qui trouve son origine dans une citation d’un certain Raymond Chandler rappelle vite et bien que le polar n’est pas, ou pas seulement de la fiction de gare, ni de la paralittérature mais une forme romanesque à part entière (ornée de très belles plumes) définitivement en prise sur l’histoire et la société. Des Black mask de l’origine au temps des hard-boiled, des années 20 aux années 60 Benoît Tadié se livre à une exploration argumentée, comparée et parfaitement illustrée du genre, de ses grandes figures, de ses principaux thèmes et de ses grandes évolutions. Un ouvrage aussi concis que précis développant de larges mises en perspective et osant de nécessaires décloisonnements. >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Béatrice Nicodème Cette vaste et épineuse question est pour l'auteur (qui a par ailleurs écrit des polars) l'occasion de redéfinir le genre à travers un rapide historique, l'exploration des grands thèmes avant de (re)plonger dans l'enfance pour y pêcher une multitude de (bonnes) raisons de donner à lire des polars à nos enfants, "ces romans qui aident à grandir". Bibliographie thématique, décryptage en règle des codes, développements pédagogiques et balises repères à l'appui, le tout servi par une très belle maquette. Pour les prescripteurs ou fondus de livre jeunesse >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Isabelle Astruc Rafael Pic De l'art dans l'histoire du crime ou du crime dans l'histoire de l'art. 60 pièces à conviction (La tête de Pranzini, le portrait de Vidocq, le surin d'un apache, la cuisinière de Landru, le portrait-robot de Pierrot le Fou...) qui forment un élégant abécédaire (de A à V!) transformant le musée en cabinet de curiosités...criminelles.
>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() André-François Ruaud Et André-François Ruaud et Xavier Maumejean Les nombreuses vies de Sherlock Holmes Sherlock Holmes et Arsène Lupin. Voici deux monstres de la littérature populaire qu’on ne présente plus. Sauf qu’à force de ne plus les présenter, on finit par perdre certaines clés. Les Moutons Electriques éditeurs, qui fêtent tout juste leur premier anniversaire abondent en ce sens, et s’offrent pour l’occasion une toute nouvelle collection, La Bibliothèque rouge, célébrant (dignement) les grandes figures de la littérature populaire : biographies complètes, repères et documents historiques, biographies des auteurs, bibliographies exhaustives, guide complet des adaptations, adversaires et avatars, presse (en feuilleton) et éditeurs, textes hommage, le tout généreusement illustré (en noir et blanc). Résultat : de très beaux livres de référence, un programme séduisant (à venir : Fantômas, Hercule Poirot, Maigret, James Bond ….) et des personnages qui existent plus que jamais …>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Annie Collovald Erik Neveu Enquête sur les lecteurs de récits policiers.Un livre sur cinq vendu en France est un policier ! Le phénomène prend donc suffisamment d’ampleur pour qu’on s’y penche sérieusement (nous ne pouvons qu’être d’accord !). C’est ce qu’ont pensé ces deux universitaires qui tentent un tour de la question. De la définition de l’offre des littératures policières à l’enjeu qu’elles représentent en passant par les profils des lecteurs de polar (mais qui-suis-je donc ?), les motivations de ces lectures, ses mobiles sociaux … Et tenter de savoir comment on se familiarise à ce genre littéraire ? Quelles justifications et quels plaisirs de lecture sont invoqués ? Quelle possibilité d’évasion ? Bref, un ouvrage pointu et passionnant … Touffu mais qui se lit comme un … polar, peut-être parce qu’il parle de nous (!!!!) et sans doute parce qu’il fournit une multitude d’infos et de réponses. >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Patrick Brion Voilà un bien beau livre faisant suite à un premier ouvrage paru en
1991 qui couvrait la période 1939-1958. C’est donc logiquement que cet
héritage s’ouvre en 1959 (puisque c’est la suite !) avec Odds against tomorrow (Le coup de l’escalier) de Robert Wise et s’achève en 2003 avec Mystic river
de Clint Eastwood après un très beau panorama du genre revenant
largement sur la définition même du film noir, foisonnant, sur ses
grandes évolutions (du fond et de la forme), sur les grandes figures
(une belle galerie de tueurs machiavéliques, de psychopathes, de femmes
vénéneuses, de policiers dangereux, de privés entêtés …), les grands
thèmes (et ses détournements). En bref une galeries riche de films
plein d’audace, sans interdits, ne sauvant pas toujours Editions de la Martinière >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Michel Dixmier Véronique Willemin 25 janvier 1908, un nouvel hebdomadaire populaire voit le jour. Un grand format, couverture en couleur, nombreuses illustrations associant faits-divers, roman policier, feuilleton et jeu-concours d’enquête. Des hommes, des femmes et des enfants abattus, décapités, étranglés, égorgés, éventrés, exécutés, dévorés, foudroyés, ensevelis (et j’en passe !)... Autant de fins sensationnelles, sinistres, tragiques, effroyables, terribles, épouvantables, catastrophiques, terrifiantes, malheureuses, horribles, inouïes … Incroyable catalogue d’adjectifs et de morts violentes, fascinant miroir d’une époque déjà en plein syndrome de l’insécurité. Sont ici reproduites les meilleures Unes et les plus belles planches tirées de la seule collection complète (celle de Michel Diximier) de cet ancêtre des tabloïdes. Vraiment, de la belle ouvrage rendant parfaitement justice au formidable travail des dessinateurs et à la verve débridée des rédacteurs. >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Arthur Conan Doyle Une autobiographie du créateur d’un mythe fondateur de la littérature policière qu’on ne devrait plus présenter, et pourtant.C’est le récit d’un homme qui disparut, happé par sa propre création, Sherlock Holmes. On le suit, au gré des pages dans ses aventures : sur un baleinier dans l’océan arctique, en Suisse, en Egypte, en Afrique, comme homme politique ou comme médecin. Un document étonnant qui offre certaines clés sur son œuvre et ses personnages (avec notamment le chapitre Sur Sherlock Holmes). Il y a bien sûr du Docteur Watson dans cet homme là, mais pas seulement… >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Benoît Mouchart Plongée dans l’univers, fond et forme, d’un auteur incontournable, inconditionnel de la Série Noire et de ses auteurs hard-boiled (Hammett, Chandler, Williams …), brillant interprète de la désillusion. Un essai analysant une appropriation particulière des clichés du genre (enlèvement, enquêtes privées, cavale, tueurs à gages …), la déflagration du verbe, les enjeux sociaux ou les mobiles politiques … La forme dans le fond, le fond très en forme. Bref, un essai très sûrement au service de son sujet.>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Raymond Perrot Ce qui se dit et surtout ce qui se lit dans le roman policier ou populaire passé au peigne fin.D’accident à whisky, en passant par arme, assassinat, cadavre, coup de génie, défi au lecteur, mobile, privé ou vol (et j’en passe), autant d’explorations minutieuses d’un univers polymorphe (et élargi). Et comme chaque mot est illustré par l’exemple on se délecte à parcourir quelques trésors oubliés. Une lecture ludique dont on ressort avec un paquet de trouvailles et une liste de titres à lire ou relire d’urgence. ![]() ![]() Flavien d'Hoursac Publié à compte d'auteur par Flavien d'Hoursac à la fin des années 20 (Laval, 1927), ce livre curieux et étonnant décortique l’œuvre de Conan Doyle soulevant même la polémique : le maître est accusé de plagiat ! Un texte rare passé inaperçu est jamais réédité dont nous devons la redécouverte aux Évadés de Dartmoor (association de passionnés d'Holmésologie fondée en 1997) Le texte intégral (augmenté d'un important appareil de notes) est désormais disponible en ligne (téléchargement gratuit) Une curiosité qui vaut indéniablement le détour ! >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Raynal Pellicer Présumés coupables c’est une sélection subjective d’environ
240 visages parmi des millions de clichés anthropométriques. "Sur ces
clichés un numéro d’identification, une date et un nom en avant-plan
sur une ardoise, ou gravés" (merci monsieur Bertillon !). Faces-profils
d’une minorité d’individus arrêtés devenue légendaire, textes brefs,
extraits de dossiers judiciaires ou d’interrogatoires. Un vaste
portrait de la violence (par ordre chronologique) des prémices de la
photographie judiciaire (pendant la Commune de Paris) aux derniers
clichés argentiques de la fin du XXe siècle. Un véritable livre
d’histoires, inépuisable catalogue d’assassins, criminels, ennemis
publics n°1, mafieux, collabos, résistants, militants des droits
civiques, anarchistes, faussaires, voleurs, violeurs, saboteurs … et
partir de la fiction pour revenir à la réalité (ici, souvent judiciaire
!), pour pouvoir mettre un visage méconnu sur un nom célèbre (Casque
d’Or, Pierrot le fou, Mata Hari, le Dalhia noir …), associer un forfait
majeur à son auteur oublié (Vincenzo Perruggia voleur de la Joconde,
Raoul Villain assassin de Jaurès …), revoir les grandes affaires
(Stavisky, Sacco et Vanzetti, Landru, Seznec, le docteur Petiot,
Violette Nozière, les sœurs Papin, le Dr Sheppard (mais si, le fugitif
!) …), les moments d’histoire (les époux Rosenberg, Rosa Parks, Martin
Luther King, Malcom X, Fidel Castro, le jeune Mussolini arrêté à Bern
pour vagabondage, Lénine et Trotski arrêtés par la police du Tsar, Lee
Harvey Oswald (en couleurs), les légendes (Al Capone, Lucky Luciano, la
bande à Bonnot, « Baby face » Nelson et le gang Dillinger, Bonnie &
Clyde, Mesrine, les évadés d’Alcatraz, Ronnie Biggs du train postal
Glasgow-Londres …) et même les peoples (Janis Joplin, Bowie, Jane
Fonda, Elvis (qui fait semblant), Johnny Cash, Sinatra …).Incroyable galerie de tronches, formidable annuaire illustré du crime, passionnant bottin mondain des assassins. >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Pierre Bayard Tous ceux qui ont lu le classique d’Agatha Christie Le meurtre de Roger Ackroyd savent (ou croient savoir) que l’assassin n’est autre que le narrateur (pour les autres, désolés).Mais est-ce si sûr ? Comment se fier à un texte où les contradictions abondent et qui s’organise autour d’un récit unique, celui du prétendu criminel ? C’est l’impertinente question que pose Pierre Bayard, nous entraînant dans une relecture totalement inédite de ce roman qui semblait ne jamais avoir posé de question. Et si Hercule Poirot c’était trompé pour une fois ? Un essai étonnant pour un exercice de style réjouissant. >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Stéphane Bourgoin Enquête sur les tueurs en série.Stéphane Bourgoin est le spécialiste mondialement reconnu De la définition du genre, de la traque, du profil psychologique, du témoignages de psychiatres, en passant par le portrait de plus d'une quinzaine de ces tueurs, ce livre est une véritable bible (enrichie d'une bibliographie des serial killers unique en son genre).Bref, un must pour ceux que le sujet intéressent (âmes sensibles s'abstenir!) >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Jean-Bernard Pouy Stéfanie Delestré "Si je tente cette brève histoire du
roman noir, c’est essentiellement parce que j’en écris, et que je
ressens, partiellement, la force et la "justesse" de ce genre
littéraire flou, à géométrie variable, et sujet à maintes et maintes
explicitations, explications et définitions …", un genre tout de même dont la principale préoccupation reste "de dépeindre des êtres brisés et menacés par une société aveugle et corrompue".
C’est dit et développé des origines à la définition du genre, des chefs
de file français, espagnols, italiens, anglo-saxons bien sûr, suédois
même, aux graphomanes invétérés (on sait le nombre de romans que laisse
l’envahissant Simenon) en passant par les pessimistes, nihilistes et
autres allumés qui poussent le genre à bout, les étoiles filantes, ces
romanciers qui décident "de quitter leur chaud cocon d’écrivains pour devenir des auteurs (ou le contraire)"
et les "blancs" intellos. L’exploration enlevée d’un genre au gré de
lectures aiguisées qui constituent la culture unique d’un lecteur avisé
(qui se trouve être aussi un auteur !). La conclusion, sans appel : "Çà
fait un paquet de temps et de textes que le roman noir a gagné. Le
roman policier est à enfoncer dans les poubelles de l’Histoire, le
thriller dans les chiottes du néo-freudisme et le roman à énigme dans
le compost du sudoku.", le ton, sans ampoules et l’illustration par la nouvelle, impeccable (Sauvons un arbre, tuons un romancier !)
classent définitivement cette brève histoire subjective du roman noir
bien loin des rébarbatifs essais universitaires prônant une indigeste
exhaustivité, filent de sérieuses envies de lectures et livrent
beaucoup sur le sujet … et son auteur.
>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Weegee New York, des années 30 aux années 40. La nuit. Arthur Fellig, alias Wegee the famous, l’appareil en bandoulière, arpente les rues de la ville au volant de sa voiture, branché sur la fréquence radio de la police. "De minuit à une heure, j’écoutais les appels aux commissariats de quartier, concernant des voyeurs postés sur les toits ou dans les escaliers de secours des internats pour élèves infirmières [ …] De une à deux heures, c’étaient les braquages des boutiques de traiteurs encore ouvertes [ …] Entre deux et rois, les accidents de la circulation et les incendies [ …] A quatre heures, l’ambiance commençait à chauffer. C’était l’heure de fermeture des bars, avec des clients passablement éméchés [ …] Entre quatre et cinq, on avait les appels pour cambriolage et vitrines fracassées. Le moment le plus tragique arrivait après cinq heures. Ceux qui n’avaient pas fermé l’œil de la nuit, à cause de leurs ennuis de santé, leurs problèmes d’argent ou leurs peines de cœur, se trouvaient dans un état d’épuisement moral et physique, et finissaient par se jeter par la fenêtre. Je n’ai jamais photographié ce genre de suicide. Je passais mon chemin [ …] Pour moi, la nuit était terminée". Mais Weegee a photographié tout le reste : les crimes, les accidents, les incendies, les bars, les musiciens, le cirque, la rue ou les célébrités avec un œil unique et un talent sans pareil en faisant une figure légendaire du photojournalisme. Toujours le premier sur les lieux, son matériel dans le coffre et son sixième sens aiguisé pour des clichés noir et blancs saisissants. Ce catalogue d'exposition présente une sélection des 220 photos de la collection Berinson, pour une quinzaine d’années de reportage. Une merveille !
>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() L’histoire par lui-même d’Arthur Fellig, né Usher Fellig, fils d’immigrés ukrainiens happé par New York, le "dernier des géants de la turbulente adolescence de la photographie".
Un photojournaliste indépendant qui écume la ville la nuit au fil des
incidents, accidents, meurtres, suicides, noyades, incendies … Branché
en intraveineuse sur la radio des flics, mitraillant victimes,
coupables, policiers, témoins, épaves et passants, montrant comment "dans une ville de dix millions d’habitants, les gens vivent en complète solitude".
Flash, chocs instantanés. L’appareil, sa lampe d’Aladin. Les quartiers
généraux de la police de Manhattan, son territoire exclusif. Dix ans de
QG, à cinq meurtres par nuit. "Pas de semaine syndicale, pas de pointeuse, pas de congés, pas d’allocations chômage ne de sécurité sociale". Pas de répit, pas de compromis. "Pour
faire des photos, il n’y a pas le choix, il faut bien se mélanger. Que
ce soit avec des présidents, des reines ou des gangsters. Avec tout le
monde". Plus un trafiquant ne peut gagner sa place au "top ten"
des ennemis publics du FBI avant d’avoir été pris en photo par "Weegee
the famous" et le bruit court qu’il est un peu médium parce qu’il a en
main les photos avant même que l’info ne soit vraiment sortie. Des
années de dèche à la gloire, des bas fonds de New York aux plateaux
d’Hollywood, l’itinéraire unique d’un photographe du crime, d’un maître
du bizarre enfin réédité…. "En prenant ces photos, c’est l’âme de la ville que j’ai rencontré et aimée". >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() |
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