![]() Inclassables Bret Easton Ellis Amérique, années Reagan. Patrick Bateman, 26 ans, flamboyant golden boy de Wall street. Il est jeune, il est riche, il est chic et pourrait illustrer à lui tout seul l'insolente réussite à l'américaine. Il fréquente les endroits où il faut être vu, sniffe quotidiennement sa ligne de coke et sait ne pas se poser de question. Mais si le jour il consomme, la nuit il se consume et se métamorphose en serial killer qui tue, viole, égorge, torture, tronçonne, décapite… On est rarement allé aussi loin dans l'horreur ... Attention, scandale !
>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Michel Zink "On n’a pas oublié l’audacieux cambriolage perpétré chez la marquise d’Arnac au cours d’une soirée où l’illustre professeur Arsène d’Arsonval faisait la démonstration de ses dernières découvertes. La personnalité de la victime, le nombre et la qualité des invités, la gloire du savant autour duquel elle les avait réunis, les circonstances du vol, sa revendication, enfin, par le fameux Arsène Lupin : tout était propre à attirer l’attention d’une presse avide de scandale…"Ici la fiction ne dépasse par la réalité, elle la rencontre. Arsène Lupin et son univers romanesque ressuscités se mêlent à des faits historiques et des personnages ayant réellement existés : le comportement parfois mystérieux d’un éminent professeur au Collège de France, la restitution de bijoux qui n’avaient jamais été dérobés ou la réhabilitation du capitaine Dreyfus… c’est encore lui ! >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Michael Cimino 1951. Jane Kiernana, alias Big Jane, 19 ans, vit avec son tyran de prédicateur de père et rêve d'une vie d'aventure. Billy va lui offrir. Avec lui Jane s'embarque dans une traversée des Etats Unis à moto,des réserves indiennes aux grands espaces du Montana ou du Dakota, partageant leurs rêves au rythme des chansons que compose Billy. Un inclassable road movie (écrit en fançais), voyage initiatique plein d'image pour cette incursion de Cimino dans la littérature. Tendre, fort et indescriptible.
>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Tanguy Viel Tanguy Viel est un monomaniaque ! Il a vu et revu Le limier de Mankiewicz (avec Michael Cain et Laurence Olivier) des dizaines et des dizaines de fois et a consigné ses remarques et commentaires dans un cahier.
Et le cahier est devenu un livre totalement incongru, comme la chronique d'une obsession.
A vrai dire, sa vie ne tient qu'à un film (génial) qu'on a, du coup, vachement envie de (re)voir...
>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Michael Cimino Un recueil, deux textes.Le premier, Conversations en miroir, commence par un mauvais réveil annonçant une mauvaise journée. L’auteur est contacté par une journaliste italienne qui tient à le rencontrer à tout prix pour faire le portrait d’un mythe. Et c’est lourd à porter ! Le récit de longues nuits d’insomnies où se croisent les figures légendaires d’Hollywood. Si le ton est parfois badin, les angoisses sont épicées. Un texte inachevé comme un propos liminaire, une mise en bouche. Du coup on attaque le deuxième texte, A hundred oceans, sans se méfier. Mais on réalise très vite que le ton et le décor ont changé : la chaleur lourde et poussiéreuse du désert de l’Arizona, une mine à ciel ouvert, un routier que l’on imagine posé sur le bord d’une route droite et sans fin, où se restaurent les mineurs. Et en face, un practice de golf. C’est dans cet improbable triangle que vont se croiser les destins de C.J, mineur passionné de golf et atteint d’une maladie incurable qui l’empêchera bientôt de jouer, Rita, serveuse de café abîmée par la vie et Kathleen, sa fille. Un texte noir où errent des personnages perdus et décalés chers à Cimino. Un roman au style net mais jamais froid, violent mais jamais dur, limpide comme les images d’un bon film et émouvant, où l’on découvre un peu stupéfait que le golf peut devenir un combat ! Dans la veine inclassable de Big Jane. Une claque ! >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Meyer Levin Chicago, 1924. Judd Steiner et Artie Straus, deux adolescents surdoués issus de la grande bourgeoisie enlèvent et assassinent un petit garçon avec comme seul mobile de réussir un crime parfait, puisque gratuit ... Fiction magistrale inspirée d'un fait réel hallucinant auquel l'auteur fût mêlé malgré lui (il fréquentait la même école que les deux meurtriers et couvrira l’affaire Leopold et Loeb lorsqu’il était reporter au Daily News), un des premiers romans documentaires (basés sur des faits réels) écrit en 1956 (avant Truman Capote) montrant avec force "comment le sentiment d'une supériorité, devenue objet de culte personnel ou collectif, conduit immanquablement à l'anéantissement de l'Autre".Brrrr, ça fait froid dans le dos! >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Truman capote Récit véridique d'un meutre multiple et de ses conséquences.15 novembre 1959. Holcomb, Kansas. Perry Smith et Dick Hickock, deux paumés assassinent froidement une famille d'agriculteurs sans vrai mobile, sauf peut-être le vol. Quatre victimes abattues à bout portant, au fusil de chasse pour 40 dollars ... Un morceau de bravoure inspiré d’un effroyable fait divers comme savait déjà en produire l’Amérique des années 60 et servi par une construction littéraire implacable. Adapté au cinéma en 1967 par Richard Brooks >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Tanguy Viel Combien étaient-ils, les invités en ce jour de fête ?. Jour de fête, jour de noces. Union d’Henri Delamare et de Lise, "Delamare aussi désormais". Ils étaient nombreux. Il y avait les amis et Sam le frère de Lise, du moins officiellement. Il n’y avait pas Edouard, le vrai faux frère du marié. Et il y avait Lise bien sûr, et Sam, et leur projet fou comme un complot. Un court roman noir et incisif, ficelé par un art consommé du sous-entendu. Un carré de personnages troubles pour un huis clos très chabrolien …>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Boris Vian Lee Anderson, vingt-six ans, a quitté sa ville natale pour échouer à Buckton où il devient gérant de librairie. Il sympathise dans un bar avec quelques jeunes du coin. Grand, bien bâti, payant volontiers à boire, Lee, qui sait aussi chanter le blues en s'accompagnant à la guitare, réussit à séduire la plupart des adolescentes. Un jour il rencontre Dexter, le rejeton d'une riche famille qui l'invite à une soirée et lui présente les soeurs Asquith, Jean et Lou (17 et 15 ans), deux jeunes bourgeoises avec "une ligne à réveiller un membre du Congrès". Lee décide de les faire boire pour mieux les séduire... et poursuivre son sinistre dessein. Roman supposé traduit de l'américain et publié sous le pseudo de Vernon Sullivan
>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Daniel Klein Le grand, l’unique Elvis Presley est de retour de son service militaire en Allemagne (où il a laissé une certaine Priscilla) et doit relancer sa carrière. Le colonel Parker est là pour veiller au grain et lui mitonner des séances d’enregistrement pour son album. Mais une succession d’évènements bizarres va venir troubler la relative sérénité du King : les présidentes de ses fans club (des teen-agers affolées) commencent à tomber comme des mouches, tuées dans de bien troublantes circonstances. Elvis quitte Graceland et décide de mener l’enquête lui-même. Et le voilà improvisé détective, lancé dans un improbable jeu du chat et de la souris avec l’assassin. Va-t-il réussir à l’arrêter avant qu’il ne fasse une nouvelle victime ?Indéniablement, le roi du rock’n roll comme on ne l’avait jamais vu, ni envisagé dans le premier opus d’une série qui en compte quatre (pour l’instant). Pour les fans et les autres (s’ils existent !) : tout y est et c’est plutôt drôle !!
>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Ned Crabb Fatchakulla , improbable canton de 812 habitants (en comptant les âmes
de Sophochoppy). Le plus pauvre de la Floride coincé entre marais et
alligators, terres arides et buveurs de bière congénitalement
dégénérés, imbibés et particulièrement superstitieux. Un bled oublié où
personne ne passe et d’où personne ne part, où la vie s’écoule bêtement
jusqu’à ce terrible matin où son adjoint alerte le shérif : on vient de
découvrir la tête d’un homme sur le chemin de la Bogie. Et même si la
tête s’avère avoir appartenue au déjà peu regretté Oren Purvis, le plus
fieffé salaud du comté, le choc est rude et l’émoi met vite la petite
ville sans dessus-dessous, provoquant une onde de terreur ressuscitant
les plus vieilles superstitions et les plus incroyables croyances. Et
ce n’est pas la découverte des restes d’un autre corps quelques jours
plus tard qui risque d’arranger les choses. C’est donc logiquement que
de shérif Arlie Beemis et Buford son adjoint aussi zélé que limité vont
demander l’aide de Lindwood Spivey considéré par beaucoup comme un
génie "une anomalie dans le marécage génétique de Fatchakulla" et de
Doc Bobo le toubib local pour découvrir quel terrible assassin émiette
ainsi les habitants de Fatchakulla. La sortie en poche de ce polar
forcené paru en 1978 (a priori le seul de Nad Crabb) est un tout
simplement acte de salubrité éditoriale !
>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Philippe Jaenada "Je m’appelle Philippe Jaenada, je suis né dans les Yvelines, je vis depuis quelques années à Paris avec ma fiancée la belle Anne-Catherine, j’aime les bars, les livres, les gens et les courses de chevaux, j’ai du mal à dormir, je fume beaucoup, je trouve que je grossis trop ces temps-ci, j’ai trente-cinq ans et je travaille dans une agence de détectives. Mais je vais peut-être me mettre à mon compte…"
>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Jérôme Leroy Entre Lille et Paris, bientôt, dans un futur (trop) proche. La fin
annoncée d’un monde saturé par la pollution et le capitalisme débridé,
un monde étouffant dans une "atmosphère puante de réarmement moral, de
célébration du jogging, de l’hygiène, de la valeur travail", le règne
du consensus mou et de l’approbation passive généralisée, de la
"tolérance inquisitoriale et délatrice". Une fin du monde commencée
"quelque part entre le premier choc pétrolier et la conversion de la
gauche à l’économie de marché". Une fin du monde encouragée dans ces
maisons sans livre de des no man’s land aseptisés, entre consommation à
crédit et pornographie en DVD. Un monde qui avait préféré "la glose au
texte, l’image du désir au désir, le reflet du monde au monde lui-même,
la communication au message". Un monde où 90% des cours d’eau et plus
de 60% des nappes phréatiques françaises contenaient des pesticides, où
815 millions de personnes dans le monde étaient sous-alimentées, où
l’on dénombrait 60% de cancers en plus en vingt ans en France. Un monde
où même les morts allaient mourir. Le virus de Marburg II (fièvre
hémorragique) avait tué un parisien sur cinq en trois semaines, une
bombe sale venait d’exploser à San Francisco, l’armée pakistanaise
bombardait le Cachemire et en France les milices gouvernementales
lâchées dans les villes se livraient aux pires exactions, les réfugiés
climatiques affluaient par hordes, fuyant les pays ravagés, les
attentats se multipliaient, les téléphones portables ne fonctionnaient
plus, ni électricité ni eau courante le plus souvent, le nuage
nucléaire d’une centrale kazakh assombrissait considérablement
l’horizon résiduel. Précipitation de la chute, chaos total auquel
assiste Kléber, un homme du monde d’avant. Il a quarante-cinq ans, il
écrit des romans qui ont moyennement marché et est prof depuis dix-sept
ans au collège Brancion de Roubaix. Il aime le vin, la ville, les
séries B apocalyptiques des années soixante et soixante-dix, la poésie
et le monde d’avant. Dinosaure divinateur, il sait que désormais la
seule ligne politique plausible est "Encore une minute, monsieur le
bourreau !" Alors Kléber, sorte double littéraire de l’auteur, reste en
ville, vide sa cave, parcours sa bibliothèque, roule à tombeau ouvert
dans son cabriolet bien peu écologique, continu sa relation à distance
avec la kolhozienne aux siens nus, rencontre Sarah, se souvient,
observe et résiste, cultivant plus que jamais la faculté de l’inutile,
peut-être le meilleur dans l’être humain. Jusqu’au bout ! Plus qu’un
roman d’anticipation, La minute prescrite pour l’assaut est
une projection, sorte de roman noir prophétique loin de tout
catastrophisme en toc, nourrit par une écriture inspirée, une trame
serrée, une vigilance nostalgique et une culture référentielle
étonnante, rappelant avec talent l'absolue nécessité des livres en
général et de la littérature en particulier."Têtes de cons. Bien fait pour vos gueules. Vous n’aviez qu’à lire de la poésie. Ou voter communiste. Ou les deux. On n’en serait pas là". Lisez ce livre, c’est une urgence ! >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Andreï Kourkov "Il est des histoires qui commencent
un beau jour et jamais ne s’achèvent. Elles en sont tout bonnement
incapables. Parce que leur commencement engendre des dizaines d’autres
histoires indépendantes qui ont chacune leur prolongement. C’est comme
le choc d’un gravier contre le pare-brise d’une voiture : au point
d’impact se dessine une multitude de lézardes …" Celle-ci
commencerait une nuit d’un hiver doux et discret à Kiev par la mort
d’Edouard Ivanovitch Zarvazin, pharmacien, mycologue distingué,
assassiné sur un trottoir enneigé. Le point d’impact, la multitude des
lézardes : Daria Ivanova, la veuve, Dimitri Kovalenko, employé des
douanes à l’aéroport, Sémion, patron somnambule d’une petite société de
sécurité spécialisée dans la protection, Irina, fille-mère, Yegor,
vigile à oreillette et grand manteau noir, un psychiatre, un député, un
chat digne de Ned Crabb et les potions "maison" du pharmacien,
l’Antifrousse, une valise noire à destination de Vienne, des ampoules
emplies d’un liquide trouble et inconnu, une couronne mortuaire, un
étrange lactarium, une morgue privée, l’Ambassade de la lune et
beaucoup de gnôle à l’ortie … l’histoire entre fable farfelue et satire
féroce. Suprême !"Je vis de zakouski, Je bouffe des piroschki, Je bois de la vodka, Au milieu des r'pas … L'âme slave, J'ai l'âme slave … " >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Robert Bloch Robert Bloch écrit Le crépuscule des stars en 1957, alors qu’il
n’a encore jamais mis les pieds à Hollywood. L’histoire en deux bobines d’un
jeune scénariste qui compte bien se faire sa place au soleil des studios. C’est
le temps du muet, l’Amérique de la prodigieuse décennie 1919-1929, l’âge d’or
des Charlie Chaplin, Buster Keaton, Roscoe Arbuckle (le Moi, Fatty de Jerry
Stahl), "Un univers où les colporteurs de remèdes miracles vivaient dans
des palais, où des prostituées jouaient le rôle de Cette réédition par Moisson rouge (préface de François Guérif, traduction de Jean-Paul Gratias) est donc un sacré truc ! >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Andreï Kourkov Victor, écrivain solitaire, vit avec Micha, un pingouin du zoo de Kiev fermé pour faillite. A la recherche de travail, il rencontre le directeur d’une nouvelle revue qui lui propose d’écrire les notices nécrologiques de personnalités importantes. Un boulot tranquille et lucratif, jusqu’au jour où la prose de Victor a des effets inattendus… Machination ? Le pingouin emprunte au genre du roman policier pour mieux en détourner les règles.
>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Ryu Murakami Hashi et Kiku, deux bébés abandonnés dans une consigne de gare, passent leur petite enfance dans un orphelinat. La recherche de leur identité les entraînera dans les bas-fonds de Tokyo, où Hashi se prostitue avant de devenir un chanteur de rock adulé, tandis que Kiku, champion de saut à la perche, se retrouve en prison pour parricide. Une quête hallucinée dans un livre halluciné entre violence, destruction et poésie.
>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Daniel Evan Weiss Le narrateur de ce livre s’appelle Nombres. Il est né dans une bibliothèque de New-York et appartient à l’espèce des dictyoptères, en français, les cafards. Nombres et ses compagnons vivent heureux dans l’appartement d’Ira et de la gitane, quand celle-ci excellente cuisinière mais souillon de première, décide de quitter le domicile conjugal. Elle est remplacée par Ruth, qui fait de l’ordre une religion et qui laisse subitement affamée la colonie des blattes par un excès de propreté. Il faut réagir, et vite.Délirant! >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Steig Larsson Mikael Blomkvist est journaliste économique d’investigation, rédacteur en chef de Millénium, le mensuel qu’il a fondé avec Erika Berger. Une carrière plutôt brillante et une réputation sans tâche jusqu’à la publication de cet article sur l’homme d’affaire Hans-Erik Wennerström et ce procès en diffamation. Un jugement de 26 pages plein de dommages et intérêts et de jours de prison. Une condamnation comme un bouleversement qui pousse Blomkvist à accepter l’improbable proposition de Henrik Vanger, vieux patriarche d’une dynastie industrielle : écrire l’histoire de sa famille et enquêter discrètement sur la disparition jamais élucidée de sa petite-nièce alors âgée de 16 ans. Trouver lequel des membres de cette étrange famille l’a assassinée il y a de ça bientôt 40 ans ... et continue à envoyer des fleurs séchées à chaque anniversaire. Pour un salaire mirobolant, et pour se faire oublier Blomkvisk va se retirer dans la petite île familiale, commencer à fouiller … et tomber incidemment sur Lisbeth Salander, enquêtrice hors-paire, totalement marginale initialement engagée par l’avocat de Vanger pour enquêter sur lui et qui va devenir une associée de poids … Plus qu’un polar un véritable roman feuilleton qui sait prendre son temps pour mieux happer le lecteur, donner vie à ses personnages et camper remarquablement son intrigue. Une saga à la brise doucement libertaire, pleine de neige et de violence qui se poursuit avec La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette (Millénium 2) et La reine dans le palais des courants d’air (Millénium 3) où Blomkvist et Salander s’attaquent au commerce du sexe et au trafic de femmes, au risque d’y laisser des plumes. Trois volumes de bruit et de fureur où tous les coups sont permis …Un régal à dévorer toutes affaires cessantes ! >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Ryu Murakami Kenji, un jeune japonais de vingt ans, gagne sa vie en guidant les touristes dans le célèbre quartier louche de Tokyo. C’est en compagnie de Franck qu’il parcourt durant trois nuits les lieux de plaisir de Shinjuku : trois nuits de terreur auprès d’un meurtrier inquiétant avec qui il joue au chat et à la souris. "En écrivant ce roman je me suis senti dans la position de celui qui se voit confier le soin de trier seul les ordures", dit-il. >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Tanguy Viel Brest et sa vocation balnéaire contrariée par la pluie souvent. Une
famille. Le scandale. Le père, vice-président du Stade Brestois "à
l’époque où Brest était une grande équipe de première division avant de
devenir une petite équipe à cause d’un trou de 14 millions dans la
caisse". La mère qui décide un "exil" en Languedoc-Roussillon à
cause du mensonge, de la calomnie et ouvre un magasin de souvenirs à
Palavas-les-flots dans une rue où jamais ne passe un touriste. La
grand-mère, veuve d’un officier de la Marine, devenue tardivement
riche, d’une drôle de façon. Son nouvel appartement de 160m2, cinq
grandes fenêtres avec vue sur la rade. Un des fils qui décide de rester
et s’installe en dessous de chez elle "parce que c’était ça ou le Sud et tout sauf le Sud".
Il sait depuis l’âge de neuf ans qu’il ne sera jamais footballeur
professionnel comme son frère. Il sera écrivain. C’est peut-être pour
ça qu’il sent qu’il faudrait finalement partir vers une vraie ville
pour pouvoir se concentrer et écrire, sans la vieille dame au-dessus. "Il
est évident que la fortune pour le moins tardive de ma grand-mère a
joué un rôle important dans cette histoire. Sans tout cet argent, mes
parents ne seraient jamais revenus s'installer dans le Finistère. Et
moi-même sans doute, je n'aurais jamais quitté Brest pour habiter
Paris. Mais le vrai problème est encore ailleurs, quand il a fallu
revenir des années plus tard et faire le trajet dans l'autre sens, de
Paris vers Brest." Dans ce cercle asphyxiant de l’enfer, les
personnages sans prénom vont et viennent, un finalement revient,
ballottés par ce roman familial autour du roman familial du narrateur.
Habiles abîmes sculptés par la forme la plus littéraire du polar,
creusés par la scansion. Le style et le rythme, uniques. Rancœurs et
convoitise (dans Insoupçonnable, déjà), au bord d’une mer omniprésente, là où ne meurent pas que les vagues … Paris-Brest, "un roman qui en finit avec ça, les veilles de noël et les parenthèses mal refermées". Sombre et magnifique.
>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Philippe Jaenada Voltaire écrivain quadra, Oum sa femme et Géo leur fils de sept ans.
Un samedi de juillet, vacances italiennes, la famille arrive à San
Nicola, près de Peschici, en plein parc naturel de Gargano, dans les
pouilles. Ils étaient déjà venus, deux semaines il y a deux ans. "C’était
agréable, en pleine foret mais à deux cents mètres de la mer ; il
faisait toujours beau, l’eau était claire et le sable fin, du miel pour
les brochures touristiques." Défaire les valises, faire les
courses du premier jour, manger une pizza sous les étoiles, lire un de
ces romans policiers américains des années 40 et 50 sur la terrasse à
la lueur de la bougie antimoustiques, boire un whisky et fumer dans la
chaleur nocturne. Bien ouvrir l’idyllique parenthèse estivale. "Les deux premiers jours, tout s’est bien passé. Le troisième non."
44 °, une chaleur de four, l’Adriatique déformée par un vent violent,
des petits claquements incessants, l’odeur d’herbes grillées. Encore au
loin, ce nuage spectaculaire. Puis de petites cendres blanches qui
commencent à voler partout, l’air qui devient moins clair, une franche
odeur de feu de bois. Et les flammes qui dévorent les pins. L’incendie
qui coupe déjà l’unique route vers le reste du monde. Ne reste que le
repli, la fuite vers la mer, la course contre l’asphyxie, la paralysie,
les cloques jusqu’à la plage de Manacorra. Une descente aux enfers
entre mouvements de panique, instincts de survie, instants de courage
et moments de lâcheté qui puisent dans le meilleur de soi, le pire
aussi parfois. Lutter, espérer, se souvenir … résister. Aux plus
pointilleux qui seraient tentés de faire remarquer
que-c’est-pas-du-polar … de répondre que oui c’est pas faux, mais que
ce texte, si c’est de la blanche, c’est de l’implacable, un moment
d’humanité suspendue parfaitement maîtrisé, tendu par un sens unique de
la digression, une ironie mordante et un art de la parenthèse
saisissant … Peut-être tout simplement la meilleure définition de ce
que devrait être un thriller (puisqu’il faut classifier), l'exploration
des peurs loin des frissons faciles.
>Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Charles Bukowski Louis-Ferdinand Céline n’est pas mort en 1961, on l’a même aperçu à Los Angeles. La mort, pulpeuse créature charge Nick Belane, un privé un peu minable, de le retrouver. "Je veux m'offrir, dit-elle, le plus grand écrivain français." Le roman policier admirablement détourné pour une enquête improbable jalonnée de saouleries et de cadavres, l'auteur en détective.Merci monsieur Bukowski pour ce dernier coup de maître! >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Gregory Mcdonald C’est le barman de chez Freedo qui lui avait parlé du plan, un producteur de snuff movie
qui recherchait un volontaire. En clair, sa vie contre trente mille
dollars. Rafael a vingt ans, marié, père de trois enfants. Il tente de
survivre dans la décharge à ordures de Morgantown, rongé par la misère
et l’alcool. Il se dit que trente mille dollars c’est une somme, plus
qu’il ne pourra jamais gagner en une vie, peut-être le seul moyen de
mettre sa famille à l’abri. Alors il réfléchit sérieusement à cette
proposition et décide de l’accepter. Le contrat est clair : trente
mille dollars pour une heure des pires souffrances, des plus atroces
sévices que le producteur tient à décrire précisément à Rafael, qu’il
sache à quoi il s’engage (à tel point que l’éditeur fait précéder
l’ouvrage d’un avertissement, prévenant le lecteur "qu’il est
souhaitable, mais pas forcément nécessaire, d’inclure ce troisième
chapitre dans la lecture", à peine soutenable), "comme
le taureau dans l’arène … La plupart des taureaux finissent à
l’abattoir, comme les vaches et les bœufs. Le taureau dans l’arène, il
souffre pendant une heure, mais au moins il existe, il montre sa
personnalité s’il en a une … " Rafael accepte avec une étonnante résignation l’indécente proposition, peut-être parce que "exister,
c’était un truc qui leur était tombé dessus comme ça. Et sa réaction,
pas pire qu’une autre, avait été de boire pour oublier la faim et la
douleur, les tromper, les fuir, devenir le plus insensible possible,
les ignorer pour survivre", qu’il se sait déjà mal en point. Il
négocie juste un délai de trois jours, le temps de revoir sa famille et
de faire quelques cadeaux à ses enfants."Il savait à présent quelque chose qu’il était donnée à très peu d’hommes de savoir ; où, quand et comment… il allait mourir. Dans ce fauteuil, là-bas, un peu avant midi, jeudi". L’implacable compte à rebours s’enclenche. Rafael n’a plus que trois jours à vivre … trois jours comme un Cri de Munch, un cri infini qui se passait à travers l'univers, dense, existentiel et violent, aux confins de la misère du monde et de la dignité d’un homme. >Ajouter à ma sélection ![]() ![]() Chuck Palahniuk Seul passager encore à bord du vol 2039 branché sur pilotage automatique, Tender Branson sait bien que l’avion qui l’emporte à plus de treize mille mètres d’altitude ira se crasher quelque part dans le désert australien. Le temps qu’il lui reste encore à vivre, il va le mettre à profit pour dicter à la boîte noire de l’appareil l’histoire de sa vie. Ou comment après un suicide collectif de la secte dans laquelle il a été élevé et dont il est le seul rescapé,il va devenir une sorte de gourou gonflé aux stéroïdes
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