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© 2003 - 2008
Marie Clémentine Thiébault
Noir comme polar
Tous droits de reproduction
interdits sauf accord

Noir comme polar est
Une réalisation Umazuma

Chroniques...
Bande-annonce, épisode 4
02-03-2009
Dring ! Dring ! Dring !
Bonjour, heu... j'appelle pour la Bande-annonce, c'est encore valable ? Bon, ben heu... alors, ça m'intéresse.

C’est un roman volubile et loquace dans lequel Montalbano sait trouver de l’aide auprès de ses collègues : " - Qu’est-ce que tu veux ? - Tu as quelque chose à dire ? - Oui. - Dis-la moi. - Dis "s’il te plaît". - S’il te plaît. - Demande. - Où est-ce qu’elle a été tuée ? - Là où elle a été trouvée.  - Précisément. - À côté de ce qui allait devenir la porte-fenêtre du salon. - Tu en es sûr ? - Très sûr. - Pourquoi ? - Là, il s’était formé carrément une mare de sang. - Et ailleurs ? - Rien. - Rien que cette mare ? - Des traces de traînées de la mare jusqu’à la malle. - Vous avez trouvé l’arme ? - Non. - Des empreintes digitales ? - Un milliard. - Même sur le nylon qui enveloppait le corps ? - Là, aucune. - Trouvé autre chose ? - Le rouleau de ruban adhésif. Celui qui a été utilisé pour les huisseries. - Là aussi pas d’empreintes ? - Rien. - C’est tout ? - Tout. - Va te faire enculer. - Pareillement." (page 80).
C’est un roman capitaliste et moral où Spitaleri "étant donné que sa sœur a épousé Allessandro Pasquale et étant donné qu’Allessandro, qui le nom de famille, est depuis huit ans maire de Vigàta, il en découle qu’il est le beau-frère du maire" "étant donné qu’il a bien trois entreprises de construction et qu’il est géomètre, il remporte 90% des appels d’offre de la commune… passqu’il paye l’impôt de la Mafia… et aussi un pourcentage à son beau-frère" et est un "client" puisque c’est lui qui a construit un étage entier abusif, un sous sol non déclaré de la villa dans laquelle on a découvert la morte. Montalbano : "Autre chose ?" Fazio eut un geste vague. - Des rumeurs… Il aime beaucoup les mineures. (…) - Et il trouve des gens disposés à lui vendre leur fille ? - Dottore, maintenant, c’est pas le marché libre ? Et le marché libre, c’est pas un signe de démocratie, de liberté et de progrès ? " Montalbano en reste sur son cul et la coucourde lui tourne : - Pourquoi vous me regardez comme ça ? - Passque ce que tu viens de dire, c’est moi qui aurais dû le dire." (page 62-63). Il n’y pas à tergiverser, Montalbano vieillit et Fazio mûrit.
C’est un roman de la petite entreprise en difficulté face au petit personnel toujours à geindre : " - Vous voyez… il y vingt jours, dans un de mes chantiers de Montelusa, il y a eu un accident. (…) - Quel genre d’accident ? - Un ouvrier… un Arabe…" (page 66)" - La vérité est que cet Arabe était complètement saoul, il a enjambé la barrière et il est tombé.." (page 68) La justice sera évidemment sans complaisance : "Parce que sur la balance  personnelle, il a mis dans un plateau Spitaleri avec ses protections politiques et sur l’autre le cadavre d’un anonyme immigré arabe." (page 176)
Enfin, c’est un roman où l’alternative est posée : le maçon arabe ou la jeune égorgée ? Quelle affaire Montalbano va-t-il pouvoir résoudre ? Un dilemme italien : "L’Italie continuait à être servante d’au minimum deux maîtres, l’Amérique et l’Église, et la tempête était devenue journalière à cause d’un pilote ch’era megliu perdilu ca truvalu, qu’il valait mieux le perdre que le trouver." (page 96)
Enfin, c’est un roman engagé : "Puis il resta à lire jusqu’à 11 heures du soir un beau roman policier de deux auteurs suédois qui étaient mari et femme et où il n’y avait pas une page sans une attaque féroce contre la social démocratie et le gouvernement. Montalbano le dédia mentalement à tous ceux qui dédaignaient de lire des polars parce que, selon eux, il ne s’agissait que d’un passe-temps du genre énigme." (page 98)
C’est un roman d’Andrea Camilleri, traduit pas Serge Quadruppani publié au Fleuve Noir.
Ça vaut 19€90.
Y a 220 pages.
Un été ardent, bientôt dans votre bibliothèque !

C’était Jack Never, vous me tenez au courant, hein ?


Bande-annonce, épisode 3
12-01-2009
Dring ! Dring ! Dring !
Bonjour, heu... j'appelle pour la Bande-annonce, c'est encore valable ? Bon, ben heu... alors, ça m'intéresse.

C’est un roman pédagogique
 : "… Très vite, dans les années trente, les compagnies de chemin de fer révélèrent au monde les wagons joliment décorés qui allaient permettre aux gens du nord de découvrir Palm Beach, les joies des vacances au soleil et des ébats entre adultes consentants du meilleur monde … Serge s’interrompit. Là, au fond, il y a un singe qui bavarde. Silence, je vous prie. J’essaie de vous instruire, là." (page 19) et : "Et toi Térésa ? Quel métier voudrais-tu faire ? (…) - Pilote. - Tu veux dire, hôtesse de l’air. - J‘veux pas être hôtesse de l’air. - Je ne veux pas être hôtesse de l’air, corrigea la maîtresse. - Moi non plus, répondit Térésa." (page 140)
C’est un roman féministe : "Le problème n’est pas la défonce, c’est plutôt… les femmes (…) Oh, bien sûr, ça commence toujours avec des orgasmes en technicolor, mais avant que tu aies le temps de dire ouf, tu t’aperçois que tes assiettes ne sont plus dépareillées…" (page j’ai perdu la référence) et : "Avant de tomber enceinte, elle avait fait du volontariat dans des services de soins palliatifs, où même les malades les plus abandonnés faisaient semblant de dormir lorsqu’ils l’entendait débarquer." (page 38)
C’est un roman où les durs sont durs et menaçants : " - Qu’est-ce qu’il y a encore ? demanda M. Grande. C’était la compagnie d’électricité. - Savez-vous seulement à qui vous parlez ? hurla M. Grande. Je pourrais vous faire tuer, juste pour avoir osé me parler comme ça. Je n’ai qu’un mot à dire et toute votre famille est volatilisée ! Allô ? Allô ? M. Grande raccrocha… et toutes les lumières s’éteignirent." (page 115)
C’est un roman zeugmatique : "Elle prit simultanément un boulot sous-payé et l’habitude de fondre en larmes à tout bout de champ." (page 141)
C’est un roman qui défend la littérature populaire : "Cela étant, je suis content de voir que le genre policier obtient enfin la reconnaissance qu’il mérite. Pendant très longtemps, tout le monde considérait que le polar, c’était rien du tout. Or c’est tout simplement faux. Pour moi, il s’agit toujours d’un voyage intérieur. L’intrigue policière n’est finalement qu’un prétexte pour explorer l’existence sous son aspect spirituel. C’est ainsi que j’ai utilisé un M. pipi comme métaphore du Christ, par exemple…" (pages 428-429)
C’est un roman, plus, un polar, mieux un Cluedo : "- La liste des ennemis accumulés par Preston est impressionnante… - Vous par exemple ! s’écria-t-il, en se retournant brusquement pour désigner Dee Dee Lowenstein qui serrait son chapeau sur son ventre. Vous avez menacé de tuer Preston ! Des dizaines de personnes vous ont entendue ! (…) - Et vous… vous êtes bien le dénommé Spider, n’est-ce pas ? Preston vous a humilié tant et tant de fois ! Et vous, Frankie Chan… À cause de lui, vous avez bien failli être tué, à Bridgeport ! " (page 447)
C’est un roman de Tim Dorsey, publié chez Rivages / Noir n°706.
Ça vaut 10,50€.
Y a 462 pages.
Stingray Shuffle, bientôt dans votre bibliothèque !

C’était Jack Never, vous me tenez au courant, hein ?


Bande-annonce, épisode 2
19-11-2008
Dring ! Dring ! Dring !
Bonjour, heu... j'appelle pour la Bande-annonce, c'est encore valable ? Bon, ben heu... alors, ça m'intéresse.

C’est un roman qui prône les bienfaits de la technologie : "Je saisis mon appareil photo, cadrai la grosse Mercedes, appuyai sur le bouton de l’obturateur. Ni clic ni ronronnement, pas de photo. (…) Je la regardai disparaître au sommet de la côte et, de dégoût, jetai mon appareil par terre. La pile était morte." (page 16)
C’est un roman qui suinte la modernité nord-coréenne : "Le quai n’était pas éclairé ; une seule ampoule brillait à une trentaine de mètres de là, au-dessous de voies désertes où elles ne servainet à personne". (page 73)
C’est un roman qui fleure bon la guerre froide toujours recommencée : "Ciel bleu voulait dire : appelle-moi au bureau tout de suite." (page j’ai perdu la référence) et : "-Ne baissez la voix chez moi, l’ami. On pourrait penser que notre conversation n’est pas normale. Écoutez, cet endroit est infesté de policiers, d’agents, d’enquêteurs, de brutes du contre-espionnage, Chinois, Coréens du Sud, Taïwanais, Russes." (page 150) et  "- Je m’excuse d’avoir semblé impoli, inspecteur, dit-il, mais je ne voulais pas vous parler avant d’être ici. C’est plus difficile pour eux de calibrer les micros sur le balcon, là-haut." (page 257)
C’est un roman métaphysique qui se pose des questions : "L’écoute est l’enclume sur laquelle l’épée prend forme, le feu qui fond des balles. L’écoute est un moment de récupération pour rassembler ses esprits afin de mieux préparer l’attaque. Quand on écoute quelqu’un assez attentivement, on peut surprendre le lapsus qui pointera ses faiblesses. C’est la boussole sur la carte du champ de tir. Les gens parlent, mais personne ne veut dire quoi que ce soit parce qu’on pourrait les écouter." (page 96)
C’est un roman qui nous rappelle ce qu’il convient de faire en certaines situations : "Je décidai d’aller droit au but. - Une chambre ? Cela parut le ramener sur terre. - J’en ai une. Avec vue. Elle donne sur un pin. Très évocateur. - Fabuleux. Je la prends. Nous nous jaugeâmes. Je craquai le premier. - Je crois qu’il est coutume à ce stade que vous me disiez le prix, que je vous réponde que c’est trop cher, que vous me donniez une fiche à remplir, que vous vérifiez ma carte d’identité et ainsi de suite." (page 84)
C’est un roman, plus, un polar : "- Il faut que je signale un crime. (….) Je crois que c’est une menace de mort. - Comment ça ? - Un poisson avec un couteau planté dans les tripes." (page 163) et :  "Il n’y avait qu’une seule chambre dont la porte était ouverte dans le couloir du septième. Même du couloir, il était évident que la chambre n’avait pas été sécurisée ni inspectée dans les règles de l’art. Nulle trace des bandes adhésives qui sont censées être collées sur le montant de la porte pour indiquer qu’une scène de crime a été visitée, rouge pour les empreintes, bleu pour la photographe de la police. Dans le temps, il y avait une bande jaune lorsqu’un garde était posté pour interdire l’accès du lieu, mais on ne trouve pus d’adhésif jaune et l’on n’en voit donc plus beaucoup sur les portes."  (page 167)
C’est un roman de James Church, publié au Seuil Policiers.
Ça vaut 21€.
Y a 332 pages.
Un mort à l’hôtel Koryo, bientôt dans votre bibliothèque !

C’était Jack Never, vous me tenez au courant, hein ?


La Bande Annonce de Jack Never
05-11-2008
Episode 1
Dring ! Dring ! Dring !
Bonjour, heu... j'appelle pour la Bande-annonce, c'est encore valable ? Bon, ben heu... alors, ça m'intéresse.

C’est un roman "staillelé"
 : "Des trucs pas croyables, j’en ai vu des palettes entières. Des machins à la con, j’en ai fait assez pour meubler quatre fois la vie d’une tortue des Galapagos" (page 9)
C’est un roman philosophique : "Comme tout un chacun, je découvrais combien il est difficile, exigeant et fastidieux de croire en l’humain plus qu’en sa matière fécale." (page 107)
C’est un roman qui recycle Robert de Niro en Jean Rochefort : "M. Paoletto m’accueille comme un fils : en robe de chambre et mules." (page 133) et Al Pacino en Jean Lefebvre : "Garçon sympathique au demeurant. Déginguandé, pas élégant, vulgaire et inappliqué, même les mains propres, il laisserait des traces de doigts sur du papier verre." (page 133)
C’est un roman de la petite entreprise pas en crise : "… Je suis un homme d’exercices et de variété, et je propose pas moins de 44 options, toutes accompagnées d’un complément de mise à disposition du décès – pudique terminologie que j’emploie pour désigner les divers moyens de faire disparaître des corps (ensevelissement dans coffret de béton, broyage en usine, abandon sur la voie publique après extirpation de la dentition et des globes oculaires, etc.)." (page 15)
C’est un roman qui ne renie pas le travail manuel : "Attaquer une cuisse au couteau à pain requiert une rage proche de la démence." (page 156), Le couteau à pain faiblit. Mes mains sont couvertes d’ampoules. Mes ongles refoulent des boulettes de muscles, de peau, de tendons." (page 158-159)
Mais c’est aussi un roman qui ne renie pas, non plus l’intellectualisme : "J’ai vu un banquier, je lui ai développé l’affaire, avec des professions de foi très claires sur ma façon d’envisager le métier." (page 9)
C’est un roman qui n’oublie pas qu’Alzheimer se prénommait Aloïs : "Elle ne porte toujours rien de notable à part une sorte de robe de chambre beigeasse qui me rappelle l’heure tardive. Sa voix aggravée par une consommation quotidienne de cigarettes blondes vient de se briser. Sonia." Putain, qui c’est Sonia se demande le lambda lecteur ? "La grande fille du chapitre 12" (pages 222-223)
C’est un roman de Sébastien Gendron, publié chez Bernard Pascuito éditeur.
Ça vaut 15€95.
Y a 249 pages.
Le Tri sélectif des ordures, bientôt dans votre bibliothèque !

C’était Jack Never, vous me tenez au courant, hein ?


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