Google
Aujourd'hui
Actu des livres
Actu du ciné
Actu des DVD
Actu de la BD
Archives
 
Les compagnons du veau d'or
Jean-Bernard POUY
Conte à rebours
François Braud
Merci de ne pas nourrir les animaux
Sébastien Gendron
 
Marc Villard
Jean-Bernard Pouy
 
Claude Mesplède
Joël Jégouzo
Jean-Marc Laherrère
Sophie Colpaert
Interview express
Astro Aspro
La Bande Annonce de Jack Never
 
Votre email  
 
Histoire d'un genre
Bibliothèque idéale
DVD-thèque idéale
BD-thèque idéale
Marque-page
 
Liens préférés
Livres des internautes
Contact
Quizz
 



© 2003 - 2008
Marie Clémentine Thiébault
Noir comme polar
Tous droits de reproduction
interdits sauf accord

Noir comme polar est
Une réalisation Umazuma

L'actualité du polar : les BD...
BD
28-07-2010
En partenariat avec Bédépolar, blog entièrement consacré au polar en cases!
Benjamin Fischer et Georges Van Linthout
Braquages et bras cassés
Hervé Maréchal, alias Boule, gloire déchue de la course automobile, vivote dans l'oubli : il tient un garage miteux avec ses deux fils, Gaz et Dante. Cela ne l'empêche pas de réussir de beaux coups de temps à autre, comme cet échange qui laisse rêveur les deux rejetons : une BMW nickel contre un scooter hors d'âge. Moyennant un arrangement, bien entendu... Mais Manu et Vito, les deux hommes qui sont venus proposer la BM à Boule ignoraient une chose : c'est que la voiture avait servi à un braquage et que le butin est resté à bord. C'est quand ils se rendent compte de leur bévue que les ennuis commencent, pour tout le monde, avec l’entrée en piste des instigateurs du casse, un duo de flics véreux...
Eh bien, voici une véritable tragi-comédie, en trois actes, avec entrée en scène des acteurs par trios. En fait, toute l'intrigue tient en une suite d'événements, rapprochés dans le temps et s'enchaînant très vite, et que chacun des protagonistes vit à sa façon. L'astuce narrative consiste à décrire les actions plusieurs fois, du point de vue des trois trios de l'album : procédé, certes pas nouveau, mais qui dynamise le récit d'autant plus que Benjamin Fischer réussit à ménager son suspense jusqu'au bout. Ses personnages sont de vraies caricatures de caïds, avec ce qu'il faut de poisse et d'imbécillité chevillées au corps pour en faire de parfaits loosers. Ils évoluent dans une région liégeoise industrieuse et enneigée que Van Linthout restitue avec bonheur, comme le suggère les pages du cahier de photos de repérages ajouté à la fin de l'album. Il faut saluer le travail de la Boîte à bulles, éditeur discret, qui publie là un livre des plus réussis, au format roman très agréable. Et un de mes préférés de cette année.
Braquages et bras cassés. Scénario Benjamin Fischer et dessin Georges Van Linthout. La Boite à bulles, 2010 - 112 p. noir et blanc. Collection Contre-jour - 17 €
Frédéric Prilleux


La BD polar
30-06-2010
En partenariat avec Bédépolar, blog entièrement consacré au polar en cases!
Stéphane Piatzszek et Stéphane Douay
Commandant Achab 2 - Ma jambe de plastique
Tosca, jeune chanteuse à la mode, est retrouvée morte, et son fiancé avoue, d'après une déclaration de la police, en être le meurtrier. Mais les choses sont un peu plus compliquées et le flic qui a annoncé publiquement les aveux du petit ami, chanteur lui aussi, se retourne vers le commandant Achab pour le sortir de la panade : le coupable n'est pas le bon ... Achab reprend l'affaire, mais rien n'est facile quand on a une jambe en moins, et que son plus proche collaborateur n'est autre que le fils d'un homme qu'on a abattu ... Cette nouvelle série - dont on peut lire les tomes de façon indépendante - met en scène un duo de flics pas tout à fait comme les autres. Ou plutôt si, comme les autres, puisqu'il s'agit bien de suivre leurs enquêtes - ici, dans le monde du showbiz parisien - mais elles ne semblent finalement être là que comme toile de fond, comme prétexte. Plus que la résolution d'un mystère criminel, c'est bien les relations humaines que privilégient Piatzszek et Douay : que ce soient celles d'Achab et de son second, Karim, celles de Karim et sa mère mourante, ou encore celles d'Achab avec la femme médecin qui s'occupe de sa jambe amputée ... Car le héros de cette série est infirme, ce qui n'est pas très courant pour un flic ... ni pour un personnage de bande dessinée. Et la "mise en scène" de cette infirmité, traitée sous ses aspects physique comme psychologique, l'est avec une grande sensibilité. A bien y regarder, c'est bien ce handicap qui est au cœur de l'album... comme le suggère d'ailleurs le titre de ce second tome. Commandant Achab ? Un polar qui n'oublie pas de poser quelques questions à ses lecteurs.
Commandant Achab, tome 2 – Ma jambe de plastique. Scénario Stéphane Piatzszek et dessin Stéphane Douay. Soleil, 2010 - 56 pages couleurs - Collection Quadrants - 14,30€.
Frédéric Prilleux


La BD polar
16-06-2010
En partenariat avec Bédépolar, blog entièrement consacré au polar en cases!
Alcante et Andrea Mutti
Re-Mind 1
John Geb travaille dans un hôpital. Une nuit, deux hommes salement blessés sont amenés aux urgences et Geb a l'immense surprise de reconnaître l'un d'eux : son fils Ethan, évadé de prison, dont il n'avait plus de nouvelles. Laissé entre les mains d'un confrère, Ethan s'en sort, mais alors que John s'occupe de l'autre blessé, dans un état plus critique, deux agents du FBI font irruption dans le bloc opératoire. Leur exigence est formelle : il faut laisser mourir le blessé ! Abasourdie l'équipe médicale obtempère et passe la main aux agents, dont l'un place un curieux appareil sur le crâne du mourant. Au moment de son dernier souffle, le film de sa vie se rejoue dans sa tête ... et est enregistré par la machine. Les agents du FBI ne perdent pas un instant : la lecture de la mémoire du mort va permettre de déjouer un plan terroriste d'envergure ... sauf que la mort d'Ethan - assortie de l'épisode du casque enregistreur - semble indispensable pour connaître les détails ultimes dudit plan. John Geb ne voit pas les choses tout à fait comme cela pour son fils ...
Postulat de ce thriller : la légende selon laquelle chacun revoit sa vie en accéléré devant ses yeux à l'instant fatal du trépas n'en est pas une. Cela a même été scientifiquement prouvé. Partant de là, Alcante construit une intrigue assez ambitieuse mêlant terrorisme et haute technologie, où le visionnage des "films" des morts devient un moyen de lutte sophistiqué contre l'ennemi. Intéressant, d'autant que le scénario n'oublie pas la dimension humaine - ou inhumaine, plutôt - de l'affaire : quelle attitude adopter pour ceux qui veulent obtenir ces souvenirs lorsque ceux qui les détiennent sont de votre propre camp ? On est là proche des affres existentiels qui tiraillaient - parfois - Jack Bauer dans 24 h chrono ... S'ajoute à cela une relation père/fils, pour l'instant ébauchée, mais prometteuse, et une réflexion plus globale sur la toute-puissance de la science. Re-Mind reste aussi avant tout une BD où l'action prime, et Mutti, dessinateur italien qui œuvre par exemple sur l'excellente série Nero, possède le trait efficace pour ce genre d'album. Suite et fin en octobre de cette histoire assez prenante.
Re-Mind 1. Texte d'Alcante et dessin d'Andrea Mutti. Dargaud, 2010 – 48 pages couleurs – 10,95 €
Frédéric Prilleux


La BD polar
02-06-2010
En partenariat avec Bédépolar, blog entièrement consacré au polar en cases!

Xavier Bétaucourt et Didier Pagot
Le Chineur 1 - Tu es poussière
Gabin Kashenko est brocanteur, et écume la France profonde à la recherche de la pièce rare oubliée dans une grange ou un grenier. Ses pérégrinations le conduisent en Charente, à Dain sur Souzon, où il tente de convaincre les habitants de se séparer de vieilles choses inutiles, à quelques jours de la grande brocante de la région. Technique éprouvée, plus ou moins efficace, mais comme l'homme est plutôt avenant, les portes s'ouvrent sans trop de difficultés. Mais elles donnent parfois sur des objets qui gardent la mémoire d'histoires familiales intimes et souvent secrètes. Le Chineur va vite s'en rendre compte en récupérant un étrange cahier écrit de la main d'un enfant mort quinze auparavant.
Xavier Bétaucourt, nouveau venu parmi les scénaristes - et dont l'arrivée est saluée par Alain Dodier en personne dans une courte préface - a choisi le monde la "chine" pour sa première histoire. Il est vrai qu'il y a matière, entre les objets eux-mêmes, qui pourraient être à eux seuls sources d'intrigues les plus originales, et les personnages gravitant autour, acheteurs et vendeurs.
Quiconque a fréquenté la moindre braderie retrouvera en Kashenko le brocanteur pro tel qu'il existe dans la réalité, avec ses petites manies, son vocabulaire, et ses techniques d'approche du poisson à ferrer. Ce chineur-là est d'ailleurs assez sympathique, ce qui n'est pas le cas de tous ses concurrents comme il le dit lui même à propos d'un confrère qui arrive juste après lui au village, dont il réprouve les méthodes qui font du tort à la profession.
Et le mystère dans tout cela ? Déjà présent en filigrane dans les premières prospections de Kashenko, où le comportement de certains autochtones est pour le moins étrange, il s'épaissit avec la découverte du cahier. Mais il ne devient important que dans le dernier quart de l'album, qui s'accélère sur la fin. Bétaucourt a en fait pris le temps d'exposer situation et personnages, ce qui évidemment nous mène tout droit à une histoire en deux volumes. Didier Pagot, qui avait oeuvré entre autres sur le premier et le dernier tomes de la série Pandora box chez Dupuis, réussit à trouver les images justes pour cette nouvelle série. A suivre, donc.
Le Chineur, tome 1 - Tu es poussière. Scénario Xavier Bétaucourt et dessin Didier Pagot. Bamboo, 2010. - 48 p. coul. - Collection Grand Angle. 12,90 €
Frédéric Prilleux


BD
26-05-2010
Peer Meter  et Barbara Yelin
L’empoisonneuse
Avril 1831. Une jeune femme débarque à Brême pour étudier la ville et ses habitants et écrire un récit de voyage. Mais Brême est en ébullition, à la veille de l’exécution de Gesche Gottfried, une empoisonneuse accusée d’avoir assassiné 15 personnes (ses propres enfants, ses parents, son époux, un fiancé, son frère, des amis, des voisins, d’autres enfants) et d’avoir donné à 19 autres des doses de poison non mortelles. Etonnée, la visiteuse qui "pensait l’esprit de la ville libre et hanséatique de Brême assez libéral pour éviter d’exécuter une femme en public" ne peut que constater que l’empoisonneuse, emprisonnée depuis trois ans, s’était répandue sur la ville tel un cauchemar. Et s’interroger un peu malgré elle sur les motifs qui pouvaient bien conduire une femme à tuer ou tourmenter autant de gens avec du poison. "Tandis qu’elle soignait avec ferveur ces malheureux, elle leur redonnait toujours et toujours de son poison afin de prolonger leur état et de s’accaparer tranquillement leurs modestes biens". L’appât du gain forcément parce qu’accepter que la Gottfried "était une femme dont l’âme et l’esprit étaient malades c’eut eut avouer que durant des années ils étaient restés indifférents aux pulsions meurtrières d’une femme malade" et constater l’échec évident d’une société qui considère encore la femme comme l’animal de compagnie de l’homme, juste "un degré intermédiaire entre l’enfant et l’homme, donc pas vraiment une personne, tout au plus un être immature". Il suffira donc de les obliger à assister à l’exécution pour la leçon, de leur interdire l’achat ou la possession de poison, d’exécuter "l’ange de Brême" et d’oublier cette affaire réglée. Le récit de voyage sera finalement un récit criminel, le destin (réel) de la Gottfried interrogeant l’époque, la société, ses mœurs et ce lien profond "entre luxure, religion et cruauté" qu’on sent sourde derrière les façades d’une moralité bourgeoise.
Malaise entêtant savamment entretenu par un scénario impeccable et sournoisement amplifié par un dessin aux gris fantomatiques.


La BD polar
19-05-2010
En partenariat avec Bédépolar, blog entièrement consacré au polar en cases!

Ed Brubaker et Sean Phillips
Incognito 1. Projet Overkill
Zack est employé de bureau et mène une vie anonyme, employé transparent aux yeux de ses collègues, y compris de ceux d'Amanda la fille sexy de la comptabilité. Mais Zack vit caché : il doit rencontrer régulièrement son agent de liaison, qui veille à ce qu'il ne replonge pas dans ses errements passés. Car Zack Andersen fut dans une vie antérieure Zack Overkill, responsable avec son frère jumeau Xander de plus de deux cents actes de terrorisme intérieur... Membre d'une organisation criminelle emmenée par un homme quasi immortel, Black Death, et regroupant des hommes et des femmes aux pouvoirs paranormaux, Zack a jeté l'éponge à la mort de son jumeau... et joué par la même occasion les indicateurs pour l'ennemi principal de Black Death, le Service des Opérations Spéciales. En échange, il a obtenu immunité et service de protection des témoins, mais il se demande combien de temps il tiendra ainsi, dans cette position du minable, lui qui fut un homme redouté et médiatisé. Et voilà qu'un de ses collègues découvre son passé et ne trouve rien de mieux que d'exercer un chantage d'un genre un peu particulier...
Ce n'est pas la première fois que les auteurs de comics tentent une autre approche du genre "super héros", via des histoires d'humains dotés de pouvoirs anormaux et puissants, et qui n'en font pas un étalage outrancier. Ce renouveau a démarré à la fin des années 80 avec des auteurs comme Franck Miller et Alan Moore, ce dernier faisant prendre un tournant décisif au genre avec Dave Gibbons et les Watchmen. Brubaker et Philipps, les orfèvres de la série Criminal, apportent leur pierre à l'édifice, en inscrivant leur histoire dans leur registre de prédilection, celui du "crime comics". Ou plutôt, en croisant les genres de manière habile... et en commençant en quelque sorte par la fin de ce que pourrait être une de leurs intrigues criminelles habituelles : le personnage principal n'est plus dangereux, puisqu'il vit une vie des plus ordinaires, et donc, l'arrestation du coupable, ou la lutte contre ses méfaits n'est plus ce qui donne la tension à l'histoire. Comment capter l'attention du lecteur en ce cas ? C'est là que Brubaker injecte l'ingrédient "super vilains" à son histoire : Zack peut à tout moment revenir à sa vie de mort et de destruction, que va-t-il choisir ? Là où Brubaker est fort c'est bien dans sa manière de traiter la fascination pour la violence : il entoure son personnage principal, de seconds couteaux qui sont eux-mêmes encore plus drogués par le pouvoir que peut procurer une anomalie génétique. Cette question quasi existentielle traverse l'album tout entier, qui n'oublie pas d'être une BD où le monde est mis à feu et à sang, et où les coups pleuvent jusque dans les rivières à saumons les plus paisibles. Sean Phillips est égal à lui-même, et si vous l'aviez apprécié dans Criminal, vous le retrouverez ici au mieux de sa forme, son dessin bénéficiant des couleurs impec de Val Staples, qui officie aussi sur Criminal.
Incognito sort évidemment de la ligne tracée dans leur série phare, mais l'esprit du duo est bien là. Et en plus, la couverture est superbe. C'est celle du sixième volume du comics original, Delcourt ayant choisi de reproduire celle de "l'album" US en pages intérieures. Ce qui n'est pas anodin quant à l'annonce du contenu du livre ... Mais que vous soyez adepte de la VO ou de la VF , dans les deux cas : lisez !
Incognito – Projet Overkill. Texte d'Ed Brubaker et dessins de Sean Phillips. Delcourt, 2010. - 160 pages couleurs – Collection Contrebande – 14,95 €
Frédéric Prilleux


Bédépolar
05-05-2010
En partenariat avec Bédépolar, blog entièrement consacré au polar en cases!

Darwin Cooke (d'après Richard Stark )
Parker : Le Chasseur
"Dans les illustrés on dit Syndicat. Pour les escrocs et les gangsters, c'est la famille et vous dites l'organisation. Vous pourriez aussi bien vous appeler la Croix-Rouge, ça m'est bien égal. Il va falloir me rendre l'argent que cela vous plaise ou non."
Celui qui parle ainsi à un ponte de la mafia new-yorkaise ne doute de rien : il s'est fait doubler sur un casse, piégé par sa propre femme. Comme il est plutôt du genre têtu et dur à cuir, et qu'en plus il a fait de la prison suite à cette affaire qui a mal tourné pour lui, peu lui chaut l'importance de ceux qui doivent lui rendre les 45 000 $, petites frappes ou parrains intouchables. Il s'appelle Parker, et ceux qui se retrouvent en travers de son chemin vont vite apprendre à connaître son nom.
Quant à celles et ceux qui le connaissaient déjà, ils peuvent commencer à numéroter leurs abattis : Parker est en chasse, et il y a fort à parier qu'il se montre sans pitié...
Parker est, avec Dortmunder, l'un des principaux personnages récurrents du grand romancier américain Donald Westlake. Publiées dès 1962 sous le pseudo de Richard Stark, les 22 romans mettant en scène ce cambrioleur sans prénom, froid et implacable, ont donné lieu à une dizaine d'adaptations cinématographiques, pour lesquelles Westlake n'avait jamais autorisé l'utilisation du nom de son personnage. Parker est ainsi devenu Macklin, MacClain, Stone, Porter... ou Walker, comme dans Pointblank de John Boorman, adaptation (en 1967) de The Hunter, premier titre de la série, que les lecteurs français ont découvert en 1963 à la Série Noire sous le titre... Comme une fleur (ah, ces titres...).
C'est pour cette même première aventure que le dessinateur Darwyn Cooke a été autorisé à utiliser le véritable nom du héros, pour une superbe version graphique, qui arrive chez Dargaud, avec une traduction de Tonino Benacquista.
Cooke a opté pour une adaptation en "noir/gris et blanc " du meilleur effet, avec un jeu permanent sur la mise en lumière de ses cases, et un trait parfois épuré donnant à cet album, de temps à temps, des allures de story board. Mais il ne faut pas s'y tromper : Cooke montre tout le talent de conteur en images qui est le sien dès l'ouverture de l'album, dans une très longue séquence quasi-muette, où nous suivons le retour de Parker à la vie, et aux affaires. En une vingtaine de pages, grâce à des scènes minutieusement décrites (comme la confection d'un faux permis de conduire) ou racontées par ellipse (la visite aux banques pour les escroquer) le personnage est campé, sa détermination et son caractères posés. Du grand Art ! Par ailleurs, Cooke a pris le parti d'un usage subtil du texte : soit il nous le donne à lire dans les traditionnelles bulles, soit il opte pour de longs passages narratif illustré, avec de temps à autre un dessin pleine page. Et c'est bien ce mode de narration en alternance qui renforce l'impression de lire un vrai "roman graphique". C'est toujours un peu la même chose avec les adaptations : soit vous connaissez le roman originel, et là, très souvent, une comparaison s'opère, avec ce qui reste de l'œuvre littéraire, soit vous découvrez l'histoire et voyez l'ensemble d'un œil neuf. Dans ce second cas, si en plus du plaisir de lecture de la bande dessinée, vous avez envie d'aller voir à quoi ressemble le roman, c'est que le dessinateur aura réussi à vous ouvrir les portes de l'univers d'un romancier. Pour moi qui n'ai jamais lu un seul Richard Stark – oui j'avoue ! - ce Chasseur fonctionne exactement comme cela : j'ai désormais furieusement envie d'aller faire un tour du côté des romans. Et aussi des trois autres titres signés Cooke annoncés par IDW, l'éditeur américain. Dargaud annonce la traduction du deuxième.
Après l'adaptation réussie de Lax (Pierre qui roule chez Rivages/noir Casterman), cette autre version graphique de Westlake/Stark est un vrai bonheur. Si la vogue actuelle des adaptations vous laisse de marbre, laissez-vous emmener par ce Chasseur. Vous ne le regretterez pas.
Parker : Le Chasseur. Texte et dessins de Darwin Cooke, d'après Richard Stark. Traduction de Tonino Benacquista. Dargaud, 2010. 140 pages en bichromie, 19 €.
Frédéric Prilleux


Bédépolar par Frédéric Prilleux
16-04-2010
Désormais pour la BD, on laisse faire les spécialistes ... en partenariat avec Bédépolar, blog entièrement consacré au polar en cases!

Bryan Talbot

Grandville
Raymond Leigh-Loutre est retrouvé chez lui, baignant dans son sang, la tête explosée, et l'arme encore à la main. L'inspecteur LeBrock a vite fait de prouver que ce suicide n'en est pas un, mais qu'il s'agit d'une mise en scène. En fin limier, LeBrock est même capable d'affirmer que les tueurs ont fait le coup vers minuit, qu'ils sont français et qu'il s'agit d'un sanglier, d'un renard et d'un lézard. A son adjoint, Ratzi, qui s'étonne de la certitude de l'inspecteur sur l'origine française des meurtriers, le détective déclare que seuls des assassins d'élite des services secrets de l'Empire de France ont pu faire le coup. Car la victime - un homme aux fonctions diplomatiques - s'apprêtait à rencontrer en urgence le Premier Ministre et le Ministre de la Défense à Downing Street Lebrock y voit là le motif tout trouvé de ce meurtre pas tout à fait anodin. Restent à connaître les raisons réelles de l' élimination de ce citoyen de la République Socialiste de Grande-Bretagne... LeBrock compte bien les découvrir à Paris, devenue Grandville...
Formidable ! Voici un album stimulant et intelligent, un vrai régal pour l'œil et l'esprit ! Vous l'aurez compris à la lecture du petit texte ci-dessus, destiné à vous mettre l'eau à la bouche, cette aventure de "l'Inspecteur LeBrock, de Scotland Yard", est à la croisée de plusieurs genres. Pour tenter une définition, je la qualifierai d'enquête policière uchronique anthropomorphique. Ne fuyez pas tout de suite ! Je m'explique.
Enquête policière : Bryan Talbot nous invite à suivre son détective - et son assistant - dans sa recherche de la vérité, et il le fait en respectant les codes du genre, en commençant par les plus classiques, tels que l'observation de la scène du crime permettant d'étonnantes déductions. Il poursuit par l'interrogation de témoins, suspects et autres victimes de l'affaire. Du solide pour la progression de la narration.
Uchronique : c'est là que les affaires prennent une autre ampleur... Le cadre de Grandville est celui d'une Europe où Napoléon a vaincu les anglais et où la famille royale a été guillotinée. Et où l'Angleterre est devenu un pays insignifiant relié à l'Empire de France par un pont. Ce postulat ouvre sur des portes imaginaires jubilatoires, où ce que nous savons de l'Angleterre et la France de maintenant est secoué dans un mixer historico-politique réjouissant.
Anthropomorphique : pour pimenter le tout, Talbot opte pour une représentation animale de tous les protagonistes de son histoire, avec, à l'instar du Blacksad de Guarnido et Canales, ou du Canardo de Sokal, une réelle adéquation entre les animaux choisis et leurs personnalités. Mais alors que Blacksad est fascinant essentiellement par son aspect graphique, Grandville l'est lui par l'univers qu'il donne à explorer, un univers que Talbot lui-même avoue avoir pris un grand plaisir à créer. Il l'explique dans une longue postface, réalisée pour cette version française, où il dévoile aussi les clins d'oeil et références qu'il a distillés tout au long de cet album. Le lecteur de BD averti en aura lui-même déniché quelques-uns, mais impossible de tout repérer, en particulier tout ce qui est issu de la culture populaire britannique. Hommage direct au caricaturiste français JJ Grandville, et à Albert Robida, illustrateur français de science-fiction, cette aventure de LeBrock appartient aussi sans conteste à la famille steampunk, branche de la SF née dans les années 80. Bryan Talbot a du reste inventé des motifs "steampunk-art nouveau" pour ce comics... Talbot est un créateur absolument unique, à l'aise dans tous les genres, et une visite sur son site s'impose à vous si vous ne connaissez pas cet artiste. Grandville est sous titré "un récit fantastique". Il l'est vraiment. Dans tous les sens du terme.
Grandville. Texte et dessins Bryan Talbot. Milady, 2010. 124 pages couleur - 15,90 €
Frédéric Prilleux


http://www.zumablog.com
Visitez les sites de nos partenaires :
la gansterera
Les Habits Noirs

http://claudemesplede.com/




Orphelins de sang
Patrick Bard

Le Guatemala, "dégât collatéral de la guerre des gringos contre le communisme", un des pays en paix le plus violent au monde. Les génocidaires au pouvoir dans un chaos économique, politique et social absolu. La "
 
Frost / Nixon, l'heure de vérité
Ron Howard

Année : 2008
Durée : 2h02mn
Avec : Frank Langella, Michael Sheen

1977. Après d’âpres négociations, l'ancien Président Richard Nixon accepte la série d’interviews télévisées que lui propose David Frost, un présentateur télé anglais, sortant ainsi de trois ans de silence après le scandale du Watergate, sa démission le 8 août 1974, son...
 
Noir c'est noir
Tim Lane

Un jeune homme de 24 ans à la recherche d’Elvis dans la zone de fret de Mineapolis, Muncie au bar d’Angelo tous les soirs, un maniaco-dépressif récurrent,  John et l’ombre d’un bonheur perdu, sa vie qui lui a échappé, la mort de Marty …. Une série d’