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![]() L'actualité du polar : le ciné... Ciné 22-03-2010 Roman Polanski The Ghost Writer Un écrivain britannique, un nègre, est engagé pour terminer la rédaction des mémoires de l’ancien premier ministre anglais. Son prédécesseur a été retrouvé, noyé, sur une plage. Il se serait suicidé. Le ministre et son clan, épouse, assistante, gardes du corps etc... est installé dans une maison de vacances, prêtée, aux US. Ils n’en bougent plus car une possible inculpation européenne plane sur la tête du politicien et mieux vaut se tenir le plus loin possible de Londres et de l’Europe. Notre nègre commence son travail et, en recoupant des informations, comprend que l’ancien ministre a toujours été une marionnette.Ce polar, tiré de L’homme de l’ombre, est bien mené. Les acteurs sont convaincants et le ton du film rappelle ces polars politiques que Pakula réalisait dans les années 70. Polanski joue sur la peur, évidemment, et le secret mais n’en rajoute pas. Il reste efficace et digne. On a beaucoup glosé sur le message sous-jacent : un homme attaqué de toutes parts est cloîtré dans un repaire comme peut l’être Polanski en Suisse. Certes, mais cette lecture n’est pas obligatoire. Le film est réussi car les américains sont montrés pour ce qu’ils sont : des ordures sans morale. Et les anglais sont d’une veulerie à toute épreuve. Aux ordres, comme l’a été Blair en son temps. Un détail me gène, cependant : Ewan McGregor, notre nègre, fait des croisements sur Internet et sort la CIA de son chapeau, ce que les "messieurs propres" britanniques ne pressentaient pas. Là, on nous prend un peu pour des cons. Mais j’ai beaucoup aimé, malgré tout. Marc Villard Alimentaire mon cher Watson ... 03-02-2010 Guy Ritchie Sherlock Holmes Londres. Holmes (Robert Downey Jr.) et son inséparable Watson (Jude Law) stoppent Lord Blackwood, terrifiant coupable d’une série de meurtres rituels qui a ensanglanté la ville. Arrêté, embastillé, jugé, condamné à mort, le maléfique annonce à qui veut l’entendre (dont Holmes) qu’il "reviendra du royaume des morts pour exercer la plus terrible des vengeances." Alors quand sa tombe est retrouvée vide au lendemain de son exécution, le décès pourtant dûment constaté par le docteur Watson soi-même, une panique que même Scotland Yard n’arrive à endiguer s’empare de la ville. Sherlock et le docteur (entraîné malgré lui) vont alors se lancer dans une ennuyeuse aventure (de plus de deux heures !) au scénario indigent, une mission remâchée de sauvetage du monde sans finesse (d’habitude réservée à Bruce Willis !). Un film d'action bruyant (finit le temps de la déduction!) qui, sous prétexte de rajeunir et dépoussiérer le mythe le formate à la sauce hollywoodienne du sauveur, réduisant le détective contemplatif à l’état de toxico crasseux, bourré de tics et de testostérone. Pour amateurs d’effets-spéciaux-à-vous-couper-le-souffle et de coups-de-pieds-circulaires-dans-la-tête-au-ralenti uniquement !Ciné 16-12-2009 Léa Fehner Qu’un seul tienne et les autres suivront Zohra habite Alger et traverse la méditerranée pour comprendre quelque chose à la mort de son fils. Le jeune homme a été poignardé par son petit ami. Stéphane, coursier, zone dans sa vie, sa copine lui prend la tête et il a besoin d’argent. On lui propose un marché : prendre la place d’un caïd dans une prison marseillaise contre un paquet de fric. Laure a 16 ans et joue au foot. Elle rencontre Alexandre, un petit voyou a fleur de peau qui se retrouve lui aussi en taule.Ces trajectoires vont se croiser au sein du parloir de la même prison. Ces trois enfers quotidiens auront-ils leur peau ? C’est l’enjeu du film, comment survivre à ça, à la prison, à la solitude, aux rêves avortés, à la mort de l’autre, au mensonge. Léa Fehner a écrit un scénario compassionnel mais qui ne verse jamais dans la sensiblerie. Le filmage est au plus près des visages, de leurs doutes. Les acteurs sont formidables, induisant une tension qui explose parfois dans des hurlements qu’on entend peu dans le cinéma français. Le projet de Léa est différent de celui d’Audiard. Lui montrait comment la prison fabrique ses bêtes fauves. Elle donne à voir un monde qui ne peut survivre qu’avec l’appel d’air du dehors. C’est plus sensible, en quelque sorte. Un grand film. Marc Villard Ciné, pas du polar mais du noir 25-09-2009 Andrea Arnold Fish Tank Dans une cité de l’Essex, une gamine de 15 ans, Mia, survit entre sa mère et sa sœur. Il n’y a pas de père ; nous sommes dans un environnement très modeste et les deux sœurs passent leur temps à se traiter mutuellement de pétasses. Mia est seule, parle peu, et n’hésite pas à régler à coup de boule ses conflits avec les filles du coin. La mère, encore jeune, méprise cette fille qu’elle ne comprend pas et fait le maximum pour la faire prendre en charge par un centre consacré aux jeunes à problèmes. Les copains de la mère défilent à la maison jusqu’au jour où un amant régulier, Connor, s’installe. Cet homme de 35 ans s’intéresse à Mia comme un père de substitution et l’encourage à persévérer dans la danse hip hop qu’elle travaille seule le soir dans un appartement désaffecté de la cité. Gamine à fleur de peau, Mia, se heurte à des gitans qu’elle soupçonne d’affamer un vieux cheval. Elle sympathise avec l’un d’eux. En fait, Connor n’est pas celui qu’il prétend. Et le concours de hip hop n’est pas celui qu’attend Mia. Andrea Arnold a obtenu le prix du jury à Cannes pour ce beau film. Michael Fassbender ("Hunger") et Katie Jarvis sont excellents. On voit où lorgne Arnold : vers Ken Loach. Mais son film est moins emphatique que ceux de Loach. Elle ne se vautre pas dans une mélasse à plein temps. Il y a beaucoup de retenue dans cet ouvrage et même des moments qui pourraient ressembler au bonheur mais dans l’Essex, on n’est pas encore préparé à la félicité. Emouvant, chaleureux, sans afféteries, Fish Tank est la bonne nouvelle de ce mercredi.Marc Villard |
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