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© 2003 - 2008
Marie Clémentine Thiébault
Noir comme polar
Tous droits de reproduction
interdits sauf accord

Noir comme polar est
Une réalisation Umazuma

L'actualité du polar : les livres...
Россия
28-01-2010
Vladimir Kozlov
Racailles
Union soviétique années 80. Perestroïka figée dans le béton hostile, gris et sale d’une cité accablante parmi "le bétail des quartiers ouvriers". Des "vacances" (premier chapitre) au "bureau" (dernier chapitre), l’histoire sans horizon d’une bande d’ados stagnants, fils de "prolétaires finis à l’urine". "En cours de russe, on doit composer une rédaction sur le thème "qui je veux devenir plus tard". Je ne sais pas quoi inventer. Je ne veux devenir personne". Les bandes, la castagne, les gars du quartier des Travailleurs contre les Lénine, l’alcool artisanal, les cornichons Mollossol et les tartines de saindoux, les premières cuites, les hormones, les premières filles, les clopes sans tabac roulées dans du papier journal, la dèche, le sexe sans amour, la vie sans avenir, la violence, le racket, le triste et le nauséabond.
Chronique brutale (et très pubienne) "ou le bestial, loin d’être spectaculaire, n’est qu’un ingrédient malsain de plus dans un quotidien glaçant", langue âpre "ne reculant devant aucune bassesse pour faire avancer l'histoire, de préférence à coups de pieds".


Helter Skelter
27-01-2010
Joyce Carol Oates
Le triomphe du singe-araignée
Bobbie Gotteson, un enfant trouvé dans une consigne automatique du terminus d’autobus de Canal Street à New York. "Résultats médiocres sur l’échelle verbale de Wechsler quand tu avais six ans … QI quelque part entre 48 et 78 … Test d’abstraction-perception de Hardison-Radt très, très faible … Développement lacunaire des facultés conceptuelles … plus coordination motrice décousue et maniérismes langagiers". L’histoire d’un mal parti, peut-être un tueur né, laid comme un singe, "le plus poilu que j’ai vu depuis longtemps", tout simplement trop petit pour qu’on le prenne au sérieux mais un peu poète, chanteur et acteur, animant parfois les cabarets du Strip avec sa guitare. "Salopard simiesque" surtout, qui déteste les femmes, assassin qui en découpera neuf à la hache. "Oui je pense que j’avais déjà fait le saut dans mon destin … J’avais programmé sur Vengeur. Et Héros-des-gros-titres. Et même Maniaque sexuel. Et : Le Singe-araignée triomphe".
Novella hallucinatoire écrite en 1976, librement inspirée des méfaits de Charles Manson, chronique volontairement désaccordée d’une apnée, fausse confession entre entretiens avec son thérapeute, premiers écrits de jeunesse, paroles des jurés ou récits à la première personne, basculement au cœur de la réalité distendue, parasitée par les voix du Dehors, submergée par la folie, là dans la tête du tueur.


Podcast
26-01-2010
Le 31e podcast des Habits Noirs est en ligne. Un Casque et l’enclume enregistré dans les caves des Editions Baleine, monté par Lalie Walker et présenté par le président Marc Villard en présence de Isabelle Péhourticq, Clémentine Thiébault, Lalie Walker et Francis Mizio (avec une lecture de Alice Varenne).
Les livres traités (de tous les noms) sont les suivants : La princesse du Burundi de Kjell Eriksson, La Centrale d’Elisabeth Filhol (et de la sous-traitance dans le domaine du nucléaire et de Günther Walraff), Seul le silence de J.R. Ellory.
Soit 29 minutes et 19 secondes de noir velouté


Le Poulpe 263
25-01-2010
Maïté Bernard
Même pas Malte
Toulon, la nuit. Une femme nue sur la terrasse d’une chambre d’hôtel, près d’un square. En regardant par dessus la rambarde, elle aperçoit une forme qui bouge au coin d’un arbre. Un chat ? Un lapin blanc et … une main totalement immobile. Au bout de cette main une femme, très belle, très morte. Paris le jour, plus tard. Le Poulpe a le nez collé à la vitre du pied de porc à la Sainte-Scolasse. Il regarde tomber la pluie, le moral toujours décrépit. "C’est pas la pluie qui dégouline, c’est lui". Alors pour le distraire Gérard entreprend de lui lire la presse. Un Parisien vieux de trois jours, un entrefilet qui fait mouche. Une histoire de vase soufflé au premier siècle à Alexandrie et portant l’unique représentation connue du phare, l’exposition Mystères et Merveilles de l’art afghan au musée Guimet, une morte trouvée dans un square et un nom : Brigid Waterford, Arrière-arrière-petite-fille de Brigid O’Shaunessy, celle qui avait inspiré le personnage du Faucon maltais, croisée neuf ans plus tôt …
Une arnaqueuse, des tatoueurs, un journaliste, la piste de Marc Brenner, "espèce d’Indiana Jones mâtiné d’Arsène Lupin qui a fait courir toutes les polices du monde". Trafic d’antiquités. A Cuba, Bali, Malte, au Liban, en Libye, en Amérique du sud, en Espagne, au Japon, en Afghanistan et au Pakistan. Alors le Poulpe avec Brigid jusqu’à Cadaques, Séville ou Londres dans un opus référentiel et façonné dans le mille, entre le Faucon maltais de Dashiell Hammett et Le vrai con maltais de Marcus Malte.
"Dashiell Hammett, Sam Spade, Bogart, protégez-nous des rousses aux yeux verts perspicaces".


Les Habits Noirs au Musée du Quai Branly
22-01-2010
Polaroïd, les quatre continents du polar, un tour d’horizon du polar extra européen avec le Musée du Quai Branly et Les Habits Noirs.
Premier rendez-vous Jeudi 28 janvier à 19h dans le salon de lecture du Musée du Quai Branly : l’Ethiopie avec Bernard Mathieu (Du fonds des temps).

L'Europe et l'Amérique urbaine n'ont plus le monopole du roman noir. Aujourd'hui, en Amérique du Sud, en Afrique, en Océanie et en Asie, de nombreux écrivains choisissent la forme du roman noir et du roman policier pour rendre compte de l'état de leur société. Par ailleurs, des écrivains européens ou américains décident de transporter leurs intrigues hors de leurs pays, ou d'emprunter la voix de populations minoritaires ou issues de l'immigration faisant ainsi écho sur le mode de la fiction à une actualité sociale et politique souvent brûlante.

Venez nombreux !


Des cendres dans la bouche
22-01-2010
Alexandre Dumal
Dans la cendre
Dans la cendre, plus aucune braise ne luit ou alors que par intermittence, pour s’étioler définitivement, comme un espoir oublié, une irrémédiable chute, une humanité en désespoir. S’il ne fallait que lire quelques pages, elles seraient là, dans ce court roman des Éditions Après la lune d’Alexandre Dumal. Écrites à la chaux et au sang, elles nous taraudent le cœur et font saigner nos larmes. Louis Romani voit son abonnement au zonzon prendre fin après douze années. Il sort retrouver sa mère, ses illusions sous la forme d’un magot caché avant son arrestation et le monde, tel qu’il s’en souvient. Sa mère crache du sang, son père, mort pendant sa détention, n’est pas son père et son monde n’est plus le sien même s’il lui réserve des surprises aussi dégueulasses qu’autrefois : les flics sont toujours aussi prompts à lui recoller sur le dos son étiquette de sauvageon. Mais il y a Elsa, c’est sa Corse à lui, même qu’ils auront une maison et que les murs ne seront que ce que leurs yeux verront.
1000 signes de François Braud (espaces compris et titre et signature exclus)


Very bad trip
21-01-2010
Laurent Fétis
Le Mal du Double-Bang
Enfermé avec les schizo depuis deux ans, Gustave Sarvani. A l’asile! "Ils n’ont pas compris que c’est le manque qui me rend dingue. Que je ne suis pas malade de la tête mais des veines. J’suis camé jusqu’à la moelle, ok ! Mais c’est tout". Gus, le petit frère d’Henri, alias Rico, frustré du grand banditisme qui se prenait pour un caïd, raconte son histoire en échange de tubes de peinture pour mettre de la couleur à la fresque dont il orne les murs de son enfermement. Pour ne pas oublier. "Pose ton cul sur le carrelage si tu veux l’entendre. Tu verras c’est sympa, y’a du sang, du sexe, des meurtres, des trahisons en masse, des ambitions cannibales et plein d’autres trucs supers". Le début comme une farce entre l’Al Capone de supérette, Bélinda peau-de-cuir, la femme du frangin, super radasse maquerelle à ses heures, le garage miteux hérité du père "mort d’honnêteté" et le gang des tocards le plus célèbre du milieu. Des jobards, une bande de caves, "les mécanos dévissés". Petits trafics d’autoradios, de bagnoles, plans recels, faux permis, filles. Les miettes du crime pour l’aîné, la défonce pour le cadet. Mais pour le pire, Rico, le dingue qui ose tout (c’est même à ça qu’on le reconnaît !), voit grand et entend bien profiter de la résurrection de la guerre des gangs pour gagner sa place au panthéon des gangsters. "Qui vise bas, ratisse large". Et Gus découvre la drogue la plus planante du monde. Le Double-Bang. La F-40 des drogues (C'est rouge et ça arrache!). Meilleur que l’héro, plus fort que la coke. La fumée rouge du petit cube écarlate à fumer comme du crack. Un plaisir à l’état brut à vous décapsuler la caboche. "Toutes les couleurs du monde me pénétrèrent dans la même seconde et du fond de mon inertie, je les possédais avec fureur. Des lignes de forces jouèrent avec moi. Elles me soulevèrent, me projetèrent dans des espaces infinis, malaxèrent mes organes. Et entre mes doigts couraient des formes glacées et rugueuses. Des lumières tournoyaient dans mon crâne et je dus fermer les paupières pour ne pas perdre une seule goutte de ces magnifiques substances.  Ma langue se fragmenta et se mit à chatouiller un palais devenu centre d’un plaisir universel et égoïste." Mais la dépendance immédiate, la dose qu’il faut doubler à chaque fois et le Mal du Double-Bang "pire que les remords, la culpabilité et le SIDA réunis". Et Gus qui va tout sacrifier à cette divinité toujours dangereuse "pour nous, les pauvres mortels aux veines percées". TOUT. Fin de la farce, début de la sauvagerie. Stupéfiant.

Texte remanié initialement paru en 1992 à la Série noire et jusqu’alors introuvable.


Les marches du palais
20-01-2010
Le Monde, les grands procès. 1944-2010
Meurtres, escroqueries, infanticides, harcèlement, braquages, euthanasie, détournement de mineurs, pédophilie, contrefaçon, plagiat, outrage à la pudeur … Dossiers crapuleux, délits d’initiés, crimes passionnels, légitimes défenses, homicides involontaires, énigmes politiques, fichiers du grand banditisme, vaudevilles judiciaires ou cohorte des flagrants délits. 100 chroniques judiciaires (accompagnées de très belles photos pour certaines) des petits et grands procès réunies en un volume monumental, pan de mémoire d’une société par les grandes plumes d’un journal du soir (qui pouvaient donc assister à toutes les audiences jusqu’au bout, là où souvent le procès bascule) dans la virulence des prétoires, lieux de tragédie, la violence des palais, "véritables conservatoires des pulsions françaises".
Pétain, Darnand, Laval, Barbie, Touvier, Papon, le réseau Jeanson l’OAS, le FLN, l’attentat contre De Gaulle, Pierre Goldman, Petiot, Marie Besnard, Dominici, Ranucci, Patrick Henry, Fourniret, Outreau, Guy Georges, Emile Louis, Mesrine, François Besse, Colonna, le baron Empain, la "bande à Rouillan", Simone Weber, les Villemain, Omar Raddad, Jean-Claude Roman, Noir et Botton, Mellick et Tapie, Clearstream, Yann Piat, Fabius, Tibéri, Roland Dumas, Deviers-Joncour et Elf, Juppé, Richard Virenque et le dopage, les profanateurs de Carpentras Badinter, les assassins de Clairvaux et la peine de mort, les fesses de Polnareff, Johnny et ses arriérés d’impôts, Aznavour, le fisc et les douanes, Coco Chanel et son maître d’hôtel, Sagan, Gisèle Halimi, l’avortement et le 343 salopes … Grandeurs et misères de la justice, condensé d’histoire et d’humanité.


Nordique à fond
19-01-2010
En littérature et autres occupations giboyeuses, il n’a pas été assez clamé la grandeur inexorable des harengs-pommes-à-l’huile. Cette recette, qui a la netteté du drakkar fendant les flots tranquilles d’un fjord froidement nordique, s’appuie sur la perfection de l’oignon, de la carotte, du poivre en grains, de l’huile (anciennement de phoque ou de baleine et maintenant, pauvrement, d’arachide ou de colza) et surtout de la patate qui, on ne le sait que trop peu, a sauvé plus de monde que la pénicilline. Le tout servant de spa ou de piscine au merveilleux hareng, en filets, le sublime clupea harengus, de la famille des clupéidés, poisson téléostéen marin effectuant des migrations de ponte en bancs énormes, qui, on le sait maintenant, a sauvé plus de monde que le corned-beef (qui, lui, en a tué beaucoup). On peut servir et déguster cette merveille de la nature de maintes façons, ça serait trop long de les énumérer, mais la meilleure reste celle qui est l’objet de cet hommage. D’ailleurs, par temps de crise ou de fermeture de l’épicerie du coin, on a toujours chez soi une de ces terrines suintantes, en grès, où marinent depuis plusieurs mois, comme des tranches de mammouth à l’intérieur d’un glacier, ces fameux filets. Et quand on les déguste, c’est aussi salé que de la cuisse de viking, c’est aussi sucré que de la joue de petite marchande d’allumettes, aussi passionnant qu’un Indridasson, aussi craquant que la bite d’Ingmar Bergman, c’est de l’Absolute IKEA dans l’estomac. On a dit souvent que la Suède est le seul pays où même les nuages sont intéressants, eh bien il faut aussi proclamer que le hareng-pommes-à-l’huile est la seule recette où l’huile peut servir, ensuite, à huiler le bois de la table, ou gominer vos cheveux, façon mafioso.
Jean-Bernard Pouy


Lame de fond
18-01-2010
Don Winslow
La patrouille de l’aube
"Surfer, traîner, baiser et encore surfer". La vie cool sur la côte de San Diego selon Boone Daniels, ex-flic du SDPD devenu vaguement privé entre deux vagues. Puis Petra Hall du cabinet d’avocats Burke, Spitz & Culver qui débarque dans le capharnaüm de l’agence. Elle défend la Coastal Insurance Company dans un procès qui lui est intenté par Daniel Silveri, alias Dan Silver, propriétaire d’une boîte de strip-tease et d’un certain nombres d’entrepôts dont un a été réduit en cendres il y a quelques mois. Volontairement, d’après Tamara Roddick, strip-teaseuse et ex-petite amie de Dan qui affirme avoir vu de ses yeux vu Dan bouter lui-même le feu à son bâtiment. Mais le procès approche et ladite Tammy semble s’être envolée. Petra veut que Boone retrouve son témoin clé et l’amène au tribunal. Sa trésorerie globalement à marée basse : trois mois de loyer et deux mensualités sur le règlement de son fourgon de retard, la saisie évitée de justesse l’obligent à accepter cette affaire. A condition d’être à la flotte pour la gigantesque houle imminente "épique, Cosmique, foutraque", nirvana du surfeur. "Si vous êtes à la hauteur de votre réputation, vous trouverez mon témoin avant que votre houle ne retombe". Sauf que l’enquête à peine entamée, Petra sur les talons, Boone bute sur le corps disloqué d’un strip-teaseuse défénestrée d’un balcon du Crest Motel. Un corps qui pourrait bien être celui de Tammy … et le début des complications. Mai c’est pas à un type qui vit sur la plage qu’on va apprendre que les grains de sable se glissent partout … Action, rédemption, embruns, rouleaux, soleil et noirceur dans un récit construit comme un tube (forcément !).


Courants de boucle
14-01-2010
Ingrid Astier
Quai des enfers
"Il y avait les affaires noires : des affaires tellement sombres qu’elles suintaient à elles seules la peur, l'abject, une violence irrespirable. Puis les rouge : les affaires sanglantes, tortueuses, brutales. Encore les violettes : celles qui sentaient le stupre et la trahison, la perversité, les spirales infernales, où l’on trouvait aussi le crime sexuel. Les roses : celles qui baignaient dans les crimes passionnels …Les jaunes, les "pisseuses" : les affaires crapuleuses aiguillonnées par le fric et le vol. Les vertes : celles des règlement de compte. Les marrons : affaires de meurtres politiques dont la couleur était suffisamment explicite. Il restait enfin les blanches : celles qui n’avaient pas de mobile apparent." La couleur de celle-ci était claire : rouge rayé de violet. Tous les ingrédients étaient là : La Seine "la poubelle la plus touristique de France, charriant les secrets de ceux qui avaient voulu noyer leur chagrin", un type célèbre hésitant entre macabre et génie, des jalousies de femmes, un arrière décor entre sexe, drogue et rock star, un parfumeur, un nain diabolique, la brigade fluviale, des roses, des meurtres spectaculaires signés par un artiste, le quai des Orfèvres …

Ingrid Astier sera à la librairie Terminus Polar jeudi 21 janvier à partir de 19h pour la signature de ce premier roman.


Le retour du feuilleton
13-01-2010
Jean-Bernard Pouy
Les compagnons du veau d’or
Le jeudi et le dimanche, Drano brandit sa "vraie feuille de choux à l’ancienne" sur le marché Richard Lenoir. Ni dieu, ni maître ni patron, authentique brûlot anar fabriquée patiemment dans sa cuisine à l’aide d’un Mac d’occase, stigmatisant chaque mois "les grands de ce monde, ceux dont l’épaisseur du portefeuille ou de maroquin le rendait furieux". Ce jeudi, vers 11 heures, Marcel débarque tout droit des hauteurs de Belleville interrompant sans sommation les joutes verbales entre Drano et le poissonnier du marché : "Drano rejoins-moi au rade d’en face putain ça urge !" Marcel, perpétuel amoureux, s’était entiché depuis plusieurs mois d’Eva, étoile filante venue tapiner de l’Est, faisant des extra à l’œil pour son gentil parisien amoureux persuadé de parvenir tôt ou tard à l’ôter du trottoir. Et Eva ne donnait plus signe de vie. Les dernières nouvelles aux copines la donnaient enfermée dans un manoir de bord de mer breton, recrutée par du gros gibier, des potentats plein de fric. Des mecs sans foi ni loi qui régnaient sur l’économie européenne et qui, grâce à elle, se reposaient de leurs travaux. Prostitution et corruption. Une histoire qui ne pouvait être inventée que "par un cerveau malade nourri à Ponson du Terrail". Mais une enquête qui pourrait faire date pour le journal de Drano, et rassurer Marcel. Guingamp, Paimpol le nez au vent, et la première disparition d’un de ces requins de la finance à la une de la PQR. Une piste pour Drano …

"Il s'agit d'un roman policier, publié dans un premier temps dans la défunte revue Shanghai Express, de sinistre mémoire (et sur Noir Comme Polar durant l’été 2006).
Ce roman est composé en feuilletons (6 épisodes), et pour cette raison et d'autres il est imprimé tête-bêche, en quelque sorte, afin que les gens qui vous voient lire ce livre pensent immanquablement que vous lisez à l'envers ! (entre autres avantages).
L'achevé d'imprimer est donc -de ce fait au milieu du livre.
A la lecture, on est prévenu d'en être à la moitié du livre, de l'histoire, car on le retourne en connaissance de cause.
Posés côte à côte, mais retournés pour l'un, on dirait deux livres !
C'est sûrement la première fois qu'on fait ça puisque ça ne sert à rien.
C'est aussi un hommage aux gauchers, les éternels perdants de la manufacture, les damnés du côté, les exclus, la mauvaise main... "


Tout le monde en parle
12-01-2010
James Ellroy
Underworld USA
Enfin paru Underworld USA, le dernier volet de la trilogie Underworld USA (après American Tabloid et American Death Trip) ! Le monument, impossible à résumer, s’ouvre sur un prologue comme une gifle : 24 février 1964, 7h16 du matin à Los Angeles. L’attaque d'un fourgon blindé de la Wells Fargo, bref, intense et brutal. Admirable d’efficacité et de concision. En quelques minutes quatre convoyeurs sont abattus, trois braqueurs morts, leurs corps calcinés sur le trottoir. Le quatrième se volatilise avec seize sacs de billets et quatorze mallettes remplies d'émeraudes. L’histoire peut alors reprendre où Ellroy l’avait laissé, à l’été 1968 après les assassinats de Martin Luther King et de Robert Kennedy et les faits se multiplier noyant les trajectoires de Dwight Holly, l'exécuteur des basses œuvres de Hoover, de Wayne Tedrow, ancien flic et trafiquant d'héroïne et de Don Crutchfield, jeune détective obsédé par les femmes tous trois lancés sur la piste de Joan Rosen Klein, la "Déesse rouge". Flics, agents, indics, infiltrés, intermédiaires, grosses légumes, dealers, trafiquants, petites frappes, pourris, victimes, véreux, privés, hippies, black panthers, militants des droits civiques et fachos grouillent. Braquages, meurtres, émeutes, écoutes, rapports, filatures, pièges, cambriolages, rendez-vous dans des parkings, planques, sabotages, magouilles et coups bas s’enchaînent de Los Angeles à Las Vegas, Washington ou Chicago entre la Convention démocrate, la campagne de Nixon, les rachats mafieux de casinos par Howard Hughes, l’insurrection qui se prépare dans les quartiers sud de Los Angeles, Hoover et sa haine "des communistes, des nègres et des contestataires de gauche" toujours omniprésent et le braquage de l’hiver 64 qui reste une énigme. 6 parties, 131 chapitres, 841 pages  entre le 24 juin 1968 et le 11 mai 1972. "Le nez au carreau, j’ai espionné notre histoire pendant quatre ans. Ce fut une longue enquête itinérante et une extorsion à coups de pieds dans la porte. J’avais le droit de voler et la bride sur le cou. J’ai suivi des gens. J’ai posé des micros et mis des téléphones sur écoute et j’ai suivi les grands évènements par ellipses. Je suis resté dans l’ombre… Mon reportage est étayé par des rumeurs plausibles et des indiscrétions d’initiés. Ce livre est construit sur des documents publics détournés et des journaux intimes dérobés. Il représente la somme de mon aventure personnelle et de quarante années d’études approfondies. Je suis à la fois un exécuteur littéraire et un agent provocateur".
Ellroy, sorte de bâtisseur obsessionnel d’une cathédrale de faits bruts accumulés, compilateur fou d’actions et de dates démultipliées, livre un dernier volet de sa trilogie monstrueusement bien construit, comme toujours. Le pan édifiant d’un monde souterrain, mais épais comme un far breton industriel, privé de cette chair qui devrait nourrir les personnages, entretenir le souffle épique et permettre la respiration déjà gênée par ces traditionnels relents réactionnaires à l’acidité presque gastriques.


Podcast
11-01-2010
Le premier podcast 2010 des Habits Noirs est en ligne.
Un "Casque et l’enclume" présenté par Marc Villard en présence de Clémentine Thiébault, Francis Mizio, Lalie Walker et Eric Deup. Il a été enregistré dans les caves des éditions Baleine le 8 janvier dernier, lors de la galette des rois, tradition de démocratie participative à laquelle nous sommes attachés (les mains dans le dos). Il y est question de Weegee par Weegee, une autobiographie, Hors la loi, anarchistes, illégalistes, as de la gâchette ... Ils ont choisi la liberté de Laurent Maréchaux, Les visages de Jesse Kellerman et Underworld USA de James Ellroy.
Soit 33 minutes 43 secondes de crépitements de flash dans le noir


Dédicaces
08-01-2010
Tournée des popotes parisiennes pour James Ellroy à l’occasion de la sortie d’Underworld USA, dernier volet de sa trilogie :
  • Lundi 11 Janvier à 19h30, lecture au Théâtre du Rond-Point (Réservation : 01 44 95 98 21. Entrée 10 €), suivie d’une séance de dédicace à la Librairie du Rond Point, 2 bis avenue Franklin Roosevelt.
  • Mardi 12 Janvier à 18h, signature à la Librairie Compagnie, 58 rue des Ecoles. 
  • Vendredi 15 Janvier à 18h, signature à la Librairie Page 189, 189 rue du Faubourg Saint-Antoine.
  • Dimanche 17 Janvier à 10h45, signature à Librairie Le Divan, 203 rue de la Convention.
  • Mardi 19 Janvier à 18h30, signature à la Librairie Millepages, 91 rue de Fontenay (Vincennes).


Lustrer la lune
08-01-2010
Howard McCord
L’homme qui marchait sur la lune
L’homme qui marchait sur la lune s’appelle Gasper et, depuis des années, arpente inexorablement une colline du Nevada, la Lune, sans que personne ne comprenne pourquoi, ni qui il est. Il marche, pense et est armé : "Le fusil me donna du courage.". Donc Gasper est un tueur : "J’assassine pour l’État et cela est censé donner à mes actes une forme de légitimité, à défaut de noblesse". Roman qui s’absout de morale et nous renvoie à la notre. Entre bien et mal, McCord nous livre sa lumière, une poésie métaphysique de la contemplation du vide, de la solitude et de la place d’un homme dans la société. Gasper nous tance : "Vous, pet de crâne, êtes un lecteur, et la seule chose que je méprise plus qu’un lecteur est un auteur." Un auteur que Gallmeister nous offre et que l’on ne méprisera qu’après l’avoir lu, mais cet axiome me parait hautement improbable. Car notre mémoire est indicible : "Je serais un souvenir, et la mémoire est un piège." Laissez-vous tenter ; vous resterez pantelant.
1000 signes de François Braud (espaces compris et titre et signature exclus)


Lait entier
06-01-2010
Andreï Kourkov
Laitier de nuit
"Il est des histoires qui commencent un beau jour et jamais ne s’achèvent. Elles en sont tout bonnement incapables. Parce que leur commencement engendre des dizaines d’autres histoires indépendantes qui ont chacune leur prolongement. C’est comme le choc d’un gravier contre le pare-brise d’une voiture : au point d’impact se dessine une multitude de lézardes …" Celle-ci commencerait une nuit d’un hiver doux et discret à Kiev par la mort d’Edouard Ivanovitch Zarvazin, pharmacien, mycologue distingué, assassiné sur un trottoir enneigé. Le point d’impact, la multitude des lézardes : Daria Ivanova, la veuve, Dimitri Kovalenko, employé des douanes à l’aéroport, Sémion, patron somnambule d’une petite société de sécurité spécialisée dans la protection, Irina, fille-mère, Yegor, vigile à oreillette et grand manteau noir, un psychiatre, un député, un chat digne de Ned Crabb et les potions "maison" du pharmacien, l’Antifrousse, une valise noire à destination de Vienne, des ampoules emplies d’un liquide trouble et inconnu, une couronne mortuaire, un étrange lactarium, une morgue privée, l’Ambassade de la lune et beaucoup de gnôle à l’ortie … l’histoire entre fable farfelue et satire féroce. Suprême !
"Je vis de zakouski, Je bouffe des piroschki, Je bois de la vodka, Au milieu des r'pas … L'âme slave, J'ai l'âme slave … "


En noir et blanc
05-01-2010
Weegee par Weegee
Une autobiographie
L’histoire par lui-même d’Arthur Fellig, né Usher Fellig, fils d’immigrés ukrainiens happé par New York, le "dernier des géants de la turbulente adolescence de la photographie". Un photojournaliste indépendant qui écume la ville la nuit au fil des incidents, accidents, meurtres, suicides, noyades, incendies … Branché en intraveineuse sur la radio des flics, mitraillant victimes, coupables, policiers, témoins, épaves et passants, montrant comment "dans une ville de dix millions d’habitants, les gens vivent en complète solitude". Flash, chocs instantanés. L’appareil, sa lampe d’Aladin. Les quartiers généraux de la police de Manhattan, son territoire exclusif. Dix ans de QG, à cinq meurtres par nuit. "Pas de semaine syndicale, pas de pointeuse, pas de congés, pas d’allocations chômage ne de sécurité sociale". Pas de répit, pas de compromis. "Pour faire des photos, il n’y a pas le choix, il faut bien se mélanger. Que ce soit avec des présidents, des reines ou des gangsters. Avec tout le monde". Plus un trafiquant ne peut gagner sa place au "top ten" des ennemis publics du FBI avant d’avoir été pris en photo par "Weegee the famous" et le bruit court qu’il est un peu médium parce qu’il a en main les photos avant même que l’info ne soit vraiment sortie. Des années de dèche à la gloire, des bas fonds de New York aux plateaux d’Hollywood, l’itinéraire unique d’un photographe du crime, d’un maître du bizarre enfin réédité….
"En prenant ces photos, c’est l’âme de la ville que j’ai rencontré et aimée".


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Romans
Dashiell Hammett

Hammett est au roman noir ce qu'Elvis est au rock n'roll: avant lui il n'y avait rien! Le roman était alors policier, condamné à la seule logique analytique en salon (Élémentaire mon cher Watson …). "Il existe un complexe d’émotion, de drame, de ...
 
The straircase (Soupçons)
Jean-Xavier de Lestrade

Série documentaire en 8 épisodes (de 45 minutes)
Durham, Caroline du nord le 9 décembre 2001, 2h41 du matin. Le 911 (services d’urgence) reçoit l’appel affolé de Michael Peterson, romancier réputé de 59 ans. Il vient de découvrir le corps de sa femme Kathleen baignant dans son sang au pied de l’escalier de leur luxueuse maison. Les secours arrivent rapidement sur place, la police aussi. Mais il est trop tard. Kathleen es...
 
Coronado
Denis Lehane
Loustal

"Aujourd’hui, je sors de prison et mon père vient me chercher au volant d’une Buick Skylark volée, avec de la coke dans la boîte à gants et une pute prénommée Mandy sur la banquette arrière", le passé et le souvenir de Gwen...