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Marie Clémentine Thiébault
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 Les archives de Noir comme Polar...


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Le procès de la fiction
09-03-2010
Aux malheurs des dames, un polar à deux millions d’euros !
Dans son roman publié en novembre 2009 aux éditions Parigramme, Lalie Walker [dont on vous parlait pas plus tard qu'hier] noue son intrigue au marché Saint-Pierre, temple du tissu au mètre. Menaces, phénomènes étranges, enlèvements et meurtres nourrissent une peur contagieuse dont l’étau ne se relâche qu’avec l’issue finale. Tout est bien sûr fiction dans ce thriller haletant, personnages comme situations ; il n’échappe pas aux lecteurs que la butte Montmartre est ordinairement paisible et heureusement épargnée par les agissements de tueurs psychopathes.
Le propre d’un roman est précisément d’inventer des histoires et d’animer des personnages de papier qui n’ont pas d’existence réelle ni même de rapport avec la réalité.
Mais les dirigeants du Déballage Dreyfus ne l’entendent pas de cette oreille, qui veulent faire interdire le livre et réclament pas moins de deux millions d’euros de dommages et intérêts.
Rendez-vous le 9 avril devant la 17e chambre du tribunal correctionnel.
Aux malheurs des dames… à lire avant qu’il ne soit trop tard !

Communiqué des Editions Parigramme


Armageddon
08-03-2010
Lalie Walker
Les survivantes
Fin juin. Strasbourg sur le point d’exploser. Une vague de chaleur assomme la ville. Le pavé se dilate dans un "chuchotis de fin du monde". Anne Boher étouffe. La brillante légiste se débat seule avec ses cauchemars, la maladie de sa mère, le Blépharospasme qu’on vient de lui diagnostiquer, le flot des corps et l’averse des drames. Les autopsies. Une jolie brune, un viol masqué en crime. Un homme suicidé dans son bureau. Elle sait que l’aide d’ Enzo Marquèz, son assistant, ne suffira pas pour gérer l’afflux de corps que les prévisions météorologiques laissaient envisager. Il y a aussi ce vieux dossier du "fou de Blauelsand", une sale affaire de meurtres commis sur douze jeunes femmes handicapées, dont dix retrouvées en morceaux qui lui laisse un arrière-goût persistant d’inachevé. Anne Bauher envisage  la réouverture de l’enquête qui l’a rendue célèbre, envoie Enzo à la recherche du dossier 242. Et puis il a ces menaces. Des lettres anonymes et les poupées rousses souillées d’inscriptions et de sang, mutilées qui arrivent par le courrier. Anne harcelée qui perd pied. Complot, vengeance, intimidation, rumeurs des entrailles de la cité … jusqu’à cet air de La Traviata qui, chaque jour, surgit de nulle part, pour s’évanouir aussitôt … Laure Bellanger, son amie psy, et Franck Albertini l’ex-capitaine de la crim’ toujours à la recherche de Jeanne Debords disparue un an auparavant, ne peuvent que lui venir en aide. Fouiller en profondeur pour tenter d’éviter le pire. A moins qu’il ne soit déjà trop tard …


Break
19-02-2010
Neige à Paris, froid polaire, J.O …
Forcément ça vous file des envies de sommets enneigés, de fromage fondu, de Diots et de vin chaud … tout schuss.
La dream team chausse donc les skis et part se croiser les spatules à la montagne.
Retour en ligne le 8 mars.


Ne marchez pas au bord
19-02-2010
Philippe Huet
L’ivresse des falaises (nouvelles)
Patrick, facteur bègue qui entre dans le courrier des autres. Adrien, vieux bonhomme qui, depuis cinquante ans, refuse de livrer le secret de sa disparition au lendemain de la libération.  Henri, représentant en maillots de bain bon marché, moyen des pieds à la tête, dont l’existence millimétrée sombre dans l’anarchie en un instant. Un autre Patrick, écrivain en panne d’inspiration qui accepte d’aller s’isoler dans une baraque lugubre prêtée par un confrère. Franck, journaliste déprimé au Paris-Normandie qui prend un auto-stoppeur sur une route de nuit. Trois vieux qui meurent, trois énigmes dans l’ombre d’Arsène Lupin. Un feu de la Saint-Jean. La misère du Crédit Municipal, un expert infaillible, des amants, une arnaque. Un vieux garçon modèle retrouvé avec une balle dans le front … La côte normande, le Pays de Caux, Granville … Un pays, la Normandie. Des forêts humides, le bord de mer, des falaises, des routes de campagne, Paris parfois. Des solitudes, des désespérances, des vies éparpillées. Les chutes, inattendues. "L’enfer du décors" en 13 tableaux par touches de matières noires comme dans des Soulages.


Signature
19-02-2010
Max Obione dédicacera son nouveau roman "américain" Scarelife (Éditions Krakoen) à la librairie Terminus polar mardi 9 mars à partir de 19h.
On peut, comme toujours, faire confiance à caroline Masson pour ne pas oublier l’apéro !
Rendez-vous 1 rue Abel Rabaud dans le 11ème (métro Goncourt)


Se faire un prénom
18-02-2010
Philippe Ayraud
Des cadavres dans le placard
Il faut parfois se faire un prénom. Philippe - je l’appelle Philippe, nous avons usé de nos fesses communes sur les bancs des amphis de la faculté d’histoire de Nantes il y a déjà fort longtemps - est né Ayraud, pas Ayrault, même s’il vit près de Nantes, dans ce que les géographes nomment joliment la banlieue. C’est chose faite grâce aux éditions Ex Æquo* qui publient son recueil de nouvelles noires intitulé Des cadavres dans le placard suivi de Derrière les apparences. Daeninckxien dans l’âme, il plonge son clavier - l’inconscient - dans les occultations de l’histoire, dans ses travers et ses reniements : la collaboration (Un train pour Terezin), la résistance (Les silences du capitaine Duroc), la guerre 14 et sa boucherie (Et pour l’exemple) mais sait aussi parler notre monde actuel (P’tit chef), voire futur (Perdre nos chaînes et La frontière) flirtant avec la SF et n’hésitant pas à mettre en exergue Tilliniac, chiraquien convaincu, ("J’écris comme on passe la langue sur une dent cariée : pour le plaisir de la douleur "), tout en se moquant de la collecte des pièces jaunes (Charité bien ordonnée). Usant des mots comme d’un couteau pour peindre nos maux et nos faiblesses (In vino veritas), l’auteur nous conte un monde bien sombre, celui qui nous éclaire si mal et sur lequel il a décidé de braquer son projecteur. Mais c’est sans doute dans une des nouvelles les moins marquées par l’histoire qu’il fait éclater tout notre désespoir. Dans Import, il nous livre le plus âpre des combats, celui d’un couple - Léna et Pierre - qui tente de se retrouver : C’est un port qu’il nous faut. (…) Et c’est comme ça que quinze jours plus tard, on s’est retrouvé à Bergen. Bergen, deuxième ville de Norvège est un lieu musical d’où suinte une nostalgie de vinyle, un peu surfaite, une vieille rengaine qu’on croyait oubliée mais qui revient nous hanter jusque dans le noir de ses eaux. Léna y croira trouver un départ, Pierre une arrivée. Décidément, le couple est définitivement une addition dans laquelle un et un font tout sauf deux. La chute sera liquide comme si rien ne pouvait être solide. Tout tient dans la haïkaisation de son roman (résumé de l’œuvre en prenant les premiers et les derniers mots du texte, à l’image du haïku, poème japonais en trois vers) : Des putains d’trains, dans ma vie de chien, j’en ai pris plus d’un… pour la frontière ! On veut toujours aller plus loin, vers cet au-delà et cette limite que l’on ne connaît pas. Philippe nous y entraîne. Allez-y, vous n’en reviendrez pas.
François Braud
* On trouve ce livre ainsi que les autres des Éditions Ex Æquo sur les librairies en ligne, chez les libraires motivés et directement sur le site de l’éditrice.


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