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© 2003 - 2008
Marie Clémentine Thiébault
Noir comme polar
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 Les archives de Noir comme Polar...


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Banannée!
04-01-2010
Malgré le froid, les fêtes et la gueule de bois, les Habits Noirs ont mis en ligne leur 30ème podcast la semaine dernière.
Un Casque et l'enclume
enregistré lors du dernier salon de Lamballe par Marc Villard et Lalie Walker et consacré à Pascal Garnier. Un entretien exclusif, des lectures ... avec de vrais vœux noirs dedans.

Ou comment bien commencer l'anée en 52 minutes et 5 secondes
!


Hibernatus
18-12-2009
Il nous reste encore le sapin à chercher dans les bois puis à décorer, les cadeaux à acheter puis à ouvrir, la dinde à fourrer puis à manger, les bouteilles à mettre au frais puis à descendre, la nouvelle année à préparer puis à célébrer …
On sonne donc la trêve des confiseurs,
Et on vous donne rendez-vous en ligne le 4 janvier pour la reprise.
A tous,
Un joyeux noyelle!


Une brève notule en lipogramme
18-12-2009
Jean-Bernard Pouy
Une brève Histoire du Roman Noir
C’est un opus cauteleux lancé là, dans la mare du roman blanc éclaboussant les préjugés des "grandes têtes molles" - le mot est de Manchette - persuadées que le roman sombre n’est qu’amusette pour les gens à la plage l’été, à la gare ou dans un aéronef. Un ABC du papa du Poulpe pour son amour de ce roman black que l’on scrute comme une lecture fastoche. Et l’auteur de donner les auteurs charpentés en neuf odes et le tout en respectant les époques, les communautés et les thèmes. Alors, que dévorer pour enfoncer le blanc au fond du fond ? Sophocle, Chandler, Westlake, Cook, Crews, Loughran, MacDonald et Férey ! Aucun ordre, l’auteur ne peut mordre son cortex anar ! Plutôt des passages que tout lecteur empruntera ou pas. On remarquera que l’auteur est là dans une œuvre de santé mentale. Sautons donc dans ces pages que l’on tournera en mettant le majeur dans sa bouche car "faut tout de même s’éclabousser". L’auteur assume, sans boxer et sans bonnet, se permettant même de conclure : Et toc.
1000 signes de François Braud (espaces compris et titre et signature exclus)


Chaînes conjugales
17-12-2009
Andrea Camilleri
Le tailleur gris
Avant il était directeur de banque. Un petit monsieur avec chauffeur, toujours encravaté, tenu par la solennité sombre et laineuse du costume et de la fonction. Depuis ce matin il est retraité. Un premier jour d’inactivité comme un gouffre, soudain "l’avenir comme un trou noir, complètement vide de toute chose, qu’il devrait d’une façon ou d’une autre remplir, pour ne pas y être englouti". Alors l’acceptation rapide de l’offre de Mario Ardizzone. Un compromis mafieux, mais un travail. De toutes façons la fin de cette routine confortable qui permettait de faire comme si de rien n’était, de ne pas réagir aux infidélités d’Adèle sa seconde femme, plus jeune de 25 ans, élégante au réveil et vaporeuse, "exacte copie d’une de ces divas américaines en noir et blanc", mais stérile et aride. Vivre ensemble dans cette maison que les travaux entrepris par Adèle avaient séparée avec goût en deux appartements. Vire à côté sans pouvoir s’empêcher de se demander sans cesse si cette femme ambiguë qui était la sienne, coincée entre une soif de respectabilité sans limite et un appétit sexuel sans bornes ni morale, l’aimait même un peu, autrement que par intérêt. "Avec la lucidité qui l’avait toujours gouverné, il sut qu’inévitablement un jour viendrait où Adèle ne pourrait faire autrement que de le trahir". Comme ce soir où ils regardaient la télé et où elle lui avait demandé : "ça te dérange pas si pendant quelques temps, j’héberge un de mes neveux qui est inscrit à l’université ?" Daniele, un beau gars, grand, blond, yeux bleus, physique d’athlète, jeune. Son amant sous le toit conjugal. Et comme ce jour où il apprend sa maladie, attendant avec curiosité les réactions d’Adèle … Peut-être enfin savoir,  découvrir qu’on avait tord ou apprendre qu’on avait raison. Ici pas d’enquête. L’énigme c’est la femme, le temps qui se dilate puis s’accélère, la mort et le doute distillé avec maîtrise dans ce récit  retenu inattendu, complexe et sophistiqué ..  Camilleri sans Montalbano comme Simenon sans Maigret. Un jeu du chat et de la souris intime et terrible.


Permafrost
16-12-2009
Kjell Eriksson
La princesse du Burundi
Cette intrigue est située à Uppsala, en Suède. Il n’y fait pas chaud. Et Petit-John est retrouvé dans la neige, mutilé et franchement mort. On lui connaît une seule passion : les poissons et leurs aquariums. Parallèlement à ça, Gunilla se fait agresser par un ancien camarade d’école devenu voyeur. Le personnage récurent d’Eriksson est Ann Lindell mais elle est en congé maternité et c’est un autre flic, Ola, qui mène l’enquête sur la mort du garçon précité, bon père, bon mari, rangé des voitures mais frère d’un homme qui campe dans l’illégalité depuis son enfance. Contrairement à ce que nous dit la quatrième, je n’ai pas été asphyxié ni maintenu en apnée par ce livre mais au royaume des suédois pépères, Eriksson tient son rang. Ça se laisse lire, les personnages secondaires sont nombreux et intéressants et, contrairement à Mankell, Eriksson ne passe pas son temps à pleurer sur l’avenir de la Suède livrée à une génération pourrie. Pour les froides soirées d’hiver.
Marc Villard


Urban O.K Corral
15-12-2009
Sébastien Rutés
La loi de l’Ouest
William Larue, 35 ans. Un comédien de deuxième plan qui enchaîne les seconds rôles. Une publicité pour une assurance vie, une apparition en concierge d’immeuble bougon dans une sitcom pour ados, un politicien véreux dans un premier long métrage boudé par le public, quelques faire-valoir descendus à la deuxième scène dans de mauvais policiers et trois répliques dans un Mocky comme unique palmarès. Il vivote dans un monde légèrement parallèle, dévoré par sa passion pour les western, entretenu par Gisèle, sa femme plus riche et plus âgée. Jusqu’à sa rencontre avec Maxime, "fils de" qui prépare son "film de la maturité". La loi de l’Ouest, un western à la française, un premier rôle taillé sur mesure pour William. Jusqu’à la découverte d’un string dans ses valises par la femme  de ménage. Gisèle qui engage un privé qui avait du voir trop de séries policières américaines, apprend sa liaison avec Margot une fraîche preneuse de son rencontrée sur le tournage, demande le divorce et le met à la porte. William se retrouve seul, à la rue, sans un sou ses affaires entassées dans un box de 12m3 loué pour un mois. "C’est une chose que d’affronter la rivière sans retour en compagnie de Marilyn Monroe, c’en est une autre que de la descendre seul !" Il a perdu sa femme, sa maîtresse, son domicile. Il va dormir dans des garages, des hôtels de passe, sous les ponts, voir un homme se faire égorger, un détective privé le poursuivre, peut-être tuer un policier véreux, tenir son rôle, croiser un ministre de l’intérieur agitant une "idéologie nauséabonde, de vielles recettes rances, une morale putride parés de paillettes de modernité, de communication à l’américaine, de coups d’éclat médiatiques" et atterrir dans un squat de clandestins avec une prostituée séropositive. "Pas facile d’être un héros !" mais peut-être pas trop tard pour enrayer la loi de l’Ouest "faire aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fassent, avant qu’ils ne te le fassent" et organiser la résistance du fort Alamo. "Heureusement qu’il y avait le western pour oublier nos lâchetés".
"Les auteurs prometteurs ça ose tout" dit Jean-Hugues Oppel de Sébastien Rutés dans sa préface de La loi de l’ouest. Et, dans ce roman volontairement référentiel, Rutés à osé le western comme métaphore, épinglant avec une habilité réjouissante la peur de l’autre, la société qui stigmatise la différence, qui se replie sur elle-même, l’ignorance au pouvoir … redessinant au plomb les territoires hostiles de la peur et de la violence et les nouveaux indiens, éternelles minorités. Il n’y a pas qu’à Coyote Gulch où "on gagne plus à exploiter la peur qu’à exploiter la mine". Ici le cow-boy risque de s’éparpiller sur le macadam …


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