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© 2003 - 2008
Marie Clémentine Thiébault
Noir comme polar
Tous droits de reproduction
interdits sauf accord

Noir comme polar est
Une réalisation Umazuma

L'actualité du polar
Vacances
04-08-2010
La baisse aoûtienne des chiffres de fréquentation de Noir Comme Polar le démontre: les amateurs de polar aussi se tirent à la plage!
En conséquence de quoi, et rapport au fait que pourquoi eux et pas nous, NCP se met au vert en transat et débranche le courant.
Retour en ligne le 6 septembre
... et d'ici là bon été à tous!


En plein coeur
04-08-2010
Antoine Chainas
Une histoire d'amour radioactive

Quelque part dans une ville sans nom et sans horizon, dure et substantielle. Prises d'otages, fusillades, les actes de folie meurtrière qui se multiplient, résurgences du désespoir des hommes à bout. Et dans un même périmètre, des hommes d'un bon milieu social, menant une vie en apparence normale et sans histoires, hospitalisés pour des maladies foudroyantes de type cancérigène avec empoisonnement (par radiation) possible, qui disparaissent volontairement ou non quelques jours avant l'échéance fatale. Puis se suicident, apparemment. Les premiers éléments de l'abstruse enquête des flics Javier et Plancher qui révèlent que tous entretenaient une relation extraconjugale avec une mystérieuse artiste "belle comme un danger". Une salope rencontrée au moment où la maladie s'était déclarée. Comme DRH, homme sans nom réduit à sa fonction, une femme qu'il croise, un fils qu'il oublie, le sens du chiffre et des licenciements sans scrupule, avant la maladie. Alors l'histoire de comportements irrationnels, de troublantes théories sur l'éveil tardif ses sens, l'infection en tant qu'art. De toutes les manières, une affaire qui ne pourra se résoudre "ni de manière propre, ni de manière officielle". Un désastre grandiose.
Une histoire d'amour radioactive entre des hommes et une femme, entre deux hommes. Des pratiques extrêmes, déviantes. L'acidité malsaine, la noirceur catégorique, la fascination morbide, la vérité "dans la tripe et le pourrissement, le dépassement de la souffrance". Eprouvant.


Une gueule de bois en plomb
02-08-2010
Andrew McGahan
Derniers verres
George qui depuis dix ans a décidé de vivre dans la mesure, d’arrêter de boire, d’échouer, d’avoir mal. La normalité tentée à Higwood, petite ville australienne de la province profonde "au bord de l’embourgeoisement". Sa relation discrète avec l’institutrice, son petit boulot au petit journal du coin, l’oubli. Et puis cet appel en pleine nuit. "Le téléphone donc. Qui sonne et sonne sans s'arrêter." La police locale. George qui doit identifier un corps, torturé. Celui de Charles Monohan, Charlie, son plus vieil ami dont il n’avait plus de nouvelles depuis la Grande enquête. Mort. Pourquoi maintenant ? Pourquoi ici ? Et l’histoire de George qui débarque la montagne. Alors le nécessaire retour à Brisbane, "ville de la moralité, de la loi et de l’ordre, de la bienséance, où le piment du péché était d’autant plus fort que tout était plus minable et plus sale", ville déchue, capitale de l’Etat déliquescent, des partis politiques installés, de la police aux ordres, des médias à plat ventre, de la prohibition hypocrite et de la compromission. Les années 70, George et Charlie tout juste 20 ans qui râlent contre l’état des choses et songent à l’avenir. Un apprenti journaliste et un restaurateur, une grande aptitude à boire en commun. "Au début il n’y avait que Charlie et moi. Et la bouteille. Et le Queensland … une addiction. Calomnié et méprisé par le reste du pays, ce bas-fond d’arriération intellectuelle, pépinière de gros rustres cultivant l’ignorance, la bigoterie et la corruption".
Et puis Marvin et puis Lindsay, Jeremy et une femme aussi, Maybellene, le début d’une association de malfaiteurs soudée par l’argent, la cupidité, l’ambition, le pouvoir mais surtout l’alcool. "Boire était le centre de leur vie. Le flot qui charriait tout le reste de leurs actions" parce que tout dans ce monde est mieux quand on boit de l’alcool. La beuverie qui durera des années, jusqu’à la Grande Enquête, la panique au gouvernement, la confusion rageuse, l’incendie sauvage et "brusquement l’édifice jusque là invulnérable s’est mis à vaciller puis à sombrer dans un chaos épouvantable". Et George, à jeun, qui va devoir remuer tout ça, parce qu’ils ont tué Charlie, parce que lui aussi avait fait partie du problème et parce que "ce que vous tentez de fuir en buvant est toujours là à vous attendre au réveil". 
L’histoire (dure), l’alcool (fort), le désespoir (imbibé) et les souvenirs (carabinés), douloureux comme le lendemain d’une cuite à la Goodis.


BD
28-07-2010
En partenariat avec Bédépolar, blog entièrement consacré au polar en cases!
Benjamin Fischer et Georges Van Linthout
Braquages et bras cassés
Hervé Maréchal, alias Boule, gloire déchue de la course automobile, vivote dans l'oubli : il tient un garage miteux avec ses deux fils, Gaz et Dante. Cela ne l'empêche pas de réussir de beaux coups de temps à autre, comme cet échange qui laisse rêveur les deux rejetons : une BMW nickel contre un scooter hors d'âge. Moyennant un arrangement, bien entendu... Mais Manu et Vito, les deux hommes qui sont venus proposer la BM à Boule ignoraient une chose : c'est que la voiture avait servi à un braquage et que le butin est resté à bord. C'est quand ils se rendent compte de leur bévue que les ennuis commencent, pour tout le monde, avec l’entrée en piste des instigateurs du casse, un duo de flics véreux...
Eh bien, voici une véritable tragi-comédie, en trois actes, avec entrée en scène des acteurs par trios. En fait, toute l'intrigue tient en une suite d'événements, rapprochés dans le temps et s'enchaînant très vite, et que chacun des protagonistes vit à sa façon. L'astuce narrative consiste à décrire les actions plusieurs fois, du point de vue des trois trios de l'album : procédé, certes pas nouveau, mais qui dynamise le récit d'autant plus que Benjamin Fischer réussit à ménager son suspense jusqu'au bout. Ses personnages sont de vraies caricatures de caïds, avec ce qu'il faut de poisse et d'imbécillité chevillées au corps pour en faire de parfaits loosers. Ils évoluent dans une région liégeoise industrieuse et enneigée que Van Linthout restitue avec bonheur, comme le suggère les pages du cahier de photos de repérages ajouté à la fin de l'album. Il faut saluer le travail de la Boîte à bulles, éditeur discret, qui publie là un livre des plus réussis, au format roman très agréable. Et un de mes préférés de cette année.
Braquages et bras cassés. Scénario Benjamin Fischer et dessin Georges Van Linthout. La Boite à bulles, 2010 - 112 p. noir et blanc. Collection Contre-jour - 17 €
Frédéric Prilleux


Modèles du genre
26-07-2010
Frédéric Dard, c’est San Antonio bien sûr. Mais pas que ! Fleuve Noir, profite de l’anniversaire de sa disparition (oui, dix ans déjà) pour le rappeler aux lecteurs étourdis que nous pourrions être, republiant (en poche en plus !) trois romans noirs, sombres et "classiques" quelque part entre Simenon, Boileau-Narcejac et Hitchcock. 
Du fiel de Louise, la fille de rien qui décide de quitter une place misérable à l’usine, une mère effarante et un beau père alcoolique pour entrer au service des Rooland, un couple de riches américains qui pourront forcément lui offrir mieux que l’écrasante fatalité d’un milieu triste dans une banlieue grise (Les Scélérats), au machiavélisme inattendu de madame Dravet, femme apparemment fragile qui va embarquer Albert Herbin, seul et déprimé, dans le réveillon prémédité d’une future veuve (Le monte-charge), jusqu’à la froide détermination d’une trop aimable anglaise en vacances sur la Côte d’Azur qui perdra le pigeon qui roucoule dans les brumes écossaises (La pelouse). Victimes innocentes, parfois consentantes, femmes vénéneuses, haines farouches, machinations sophistiquées, meurtres élaborés … Magistral polar de sang froid.


Fatalitas!
21-07-2010
Friedrich Dürrenmatt
La panne. Une histoire encore possible
Alfredo Traps, 45 ans, représentant en textile à l’allure sympathique et aux bonnes manières remarquées, sillonne la campagne au volant de sa Studebaker. Jusqu’à la panne qui l’immobilise. Coincé, Traps renonce à rentrer chez lui retrouver sa femme et ses quatre garçons et décide de passer la nuit sur place avec l’idée de trouver, peut-être, une fille à son goût dans le village. Sauf que les membres d’un congrès local de petits éleveurs occupent toutes les chambres d’hôtel. Il dormira donc chez l’habitant. Un vieux juge à la retraite ravi de le convier au dîner qu’il avait prévu avec deux de ses amis, veufs et solitaires comme lui, réjouis par cet imprévu. D’autant que les nostalgiques passent leurs soirées "à professer par jeu leurs fonctions d’autrefois", juge, procureur, avocat, même bourreau en la circonstance,  reprenant des affaires célèbres de l’Histoire : les procès de Socrate, Jésus, Jeanne d’Arc ou Dreyfus, appliquant la justice et sa sanction. Mais étant naturellement plus intéressant de jouer sur des cas inédits de sujets vivants, Traps se fait un honneur d’accepter le poste vacant d’accusé, et doit bientôt répondre d’une accusation de meurtre …
Huis clos grinçant écrit en 1956 (traduit en français en 1958 et adapté au cinéma par Ettore Scola en 1972), La panne est une fable glaçante et pantagruélique (le repas tient de La Grande bouffe), un dîner de cons tragique "dans un monde où il ne peut plus rien arriver sinon des pannes ... Et dans ce monde, il ne reste plus guère que quelques rares histoires encore possibles, où perce encore timidement un semblant de réalité humaine." Mortel.


Le jeux sont faits
19-07-2010
José Luis Muñoz
Babylone Vegas
Un jour caniculaire d’anniversaire de la disparition d’Elvis, dans le désert de l’Ouest américain. Mike Demon, vendeur d’assurances agricoles au volant de sa Ford Taurus gris métallisé modèle 1987. La route monotone, la poussière, les panneaux publicitaires ventant des hôtels de rêve avec des piscines en forme de cœur et le moteur qui chauffe, le risque de panne sous cette chaleur qui fait fondre le métal et flamber l’essence dans les réservoirs. Alors la première sortie, obligatoire, pour trouver un garage et faire réparer sa voiture. Il atterrit à Las Vegas "cette succession de néons clignotants d’un bout à l’autre de chaque rue, composant des images extraordinairement fantastiques et surréalistes en une apothéose du mauvais goût le plus spectaculaire et décomplexé. " Un décor masquant le vide le plus absolu, "une façade riante cachant une foule de crimes et de cadavres dépecés puis enterrés sous les caillasses du désert", un "maelström échappant à toute tentative de classification" dans lequel Mike se retrouve coincé, le garagiste n’ayant pas les pièces nécessaires à la réparation. Ce sera la chambre 1011 de l’hôtel casino Circus Circus et dès lors cette question, obsédante : combien de temps mettra-t-il pour succomber aux charmes de Babylone, la ville où il ne fait jamais nuit, où l’on perd la notion du temps, dort plus, boit trop, mange mal jusqu’à ce que des tranches entières de vies ne disparaissent, englouties par les machines à sous et le jeu anéantissant toutes les volontés, puis l’espoir. "Fuis Babylone Mike, fuis tant qu’il en est encore temps !" lui répète pourtant cette petite voix qu’il n’écoute pas …
La chute vertigineuse d’un homme ordinaire entre Casino et Leaving Las Vegas.


S.S. in Uruguay
12-07-2010
Philip Kerr
Une douce flamme
Buenos Aires 1950, plongée dans la Belle Epoque alors que l’Europe commence à peine à se remettre d’une maladie qui avait fait 50 millions de mort : le nazisme. Bernhard Gunther, l’ancien flic de la police de Berlin devenu détective privé, débarque en Amérique du Sud sous l’identité d’un autre, poussé par les chaos de l’histoire. A peine de temps de s’acclimater qu’un colonel proche du pouvoir lui demande d’enquêter sur le meurtre d’une fillette de 15 ans, étranglée, éviscérée avec une précision clinique. Une affaire présentant des similitudes troublantes avec une série de meurtres perpétrés à Berlin en 1932, du temps où Bernie Gunther était encore enquêteur à la brigade des homicides. Une chance de rouvrir un vieux dossier et peut-être de sauver Fabienne Von Baden, fille d’un intime de Perón portée disparue. Bernie accepte contre la promesse d’un nouveau passeport, intègre la police secrète et entame ses fouilles parmi tous ces anciens nazis arrivés depuis cinq ans, à la recherche d’un meurtrier pire que les autres, un psychopathe au milieu d’une bande de types cyniques "à vous réconcilier avec la justice médiévale, l’autodéfense et autres, de même qu’avec les pratiques latino-américaines on ne peut plus raisonnables telles que l’estrapade et le garrot". Vieux nazis, crimes de guerre, secrets d’Etat, argent sale, meurtres, relents nauséabonds et dictature militaire, là où "il vaut mieux tout savoir qu’en savoir trop".
Grand, très grand retour de Bernie Gunther, le détective de la Trilogie berlinoise dans un récit naviguant habilement entre Buenos Aires et Berlin, 1950 et 1932, la petite et la grande histoire entremêlées avec génie.

"J'ai gardé de mes batailles
Croix gammée et médailles
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Et toujours ces couillonnes Qui parlent d'extraditionne
Mais pour moi pas questionne
De payer l'additionne"


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Orphelins de sang
Patrick Bard

Le Guatemala, "dégât collatéral de la guerre des gringos contre le communisme", un des pays en paix le plus violent au monde. Les génocidaires au pouvoir dans un chaos économique, politique et social absolu. La "
 
Frost / Nixon, l'heure de vérité
Ron Howard

Année : 2008
Durée : 2h02mn
Avec : Frank Langella, Michael Sheen

1977. Après d’âpres négociations, l'ancien Président Richard Nixon accepte la série d’interviews télévisées que lui propose David Frost, un présentateur télé anglais, sortant ainsi de trois ans de silence après le scandale du Watergate, sa démission le 8 août 1974, son...
 
Noir c'est noir
Tim Lane

Un jeune homme de 24 ans à la recherche d’Elvis dans la zone de fret de Mineapolis, Muncie au bar d’Angelo tous les soirs, un maniaco-dépressif récurrent,  John et l’ombre d’un bonheur perdu, sa vie qui lui a échappé, la mort de Marty …. Une série d’